Plus d'un millier d'étrangers ont obtenu un visa russe en 2025, pour leur adhésion aux «valeurs traditionnelles russes», a indiqué mercredi l'agence de presse étatique Ria Novosti, une initiative visant à affirmer les idées anti-libérales russes dans le contexte du conflit ukrainien. Selon le directeur du département consulaire du ministère des Affaires étrangères, Alexeï Klimov, 1112 visas ont été délivrés à ce titre au cours de l'année passée.
Selon le ministère des Affaires étrangères, la délivrance de ce visa concerne les ressortissants de pays «imposant des orientations idéologiques néolibérales destructrices qui sont contraires aux valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes». Ce type de visa, surnommé «anti-woke» par des médias occidentaux, a été initié en 2024 à destination des étrangers qui s'opposent aux positionnements politiques de leur pays d'origine à l'égard de la Russie.
Ce visa est ouvert aux ressortissants de pays européens, mais aussi des Etats-Unis, du Japon, de Nouvelle-Zélande, de Corée du Sud, de Singapour. Le visa permet une entrée en Russie et un séjour pouvant durer jusqu'à trois mois. Le titulaire peut ensuite demander un permis de séjour.
«Bienvenue»
Parmi les pays d'origine concernés par les visas accordés en 2025, l'Allemagne (168 visas), la France (140 visas) et les Etats-Unis (105 visas) arrivent en tête, selon Alexeï Klimov. L'Italie, la Lettonie, le Canada, la Lituanie et l'Australie sont également concernés.
Au début du mois, Vladimir Poutine avait salué ce programme en remettant des distinctions d'État: «dans un certain nombre de pays, malheureusement, on tente d'abolir les valeurs familiales traditionnelles». «Et nous soutiendrons ceux qui, confrontés à une telle pression, viendront vivre, travailler et élever leurs enfants en Russie. Bienvenue», a-t-il ajouté.
Répression des minorités
Le ministère ne précise pas combien de ressortissants étrangers, bénéficiaires du visa «valeurs traditionnelles» en 2025, se trouvent toujours en Russie. Le Kremlin a durci sa rhétorique conservatrice depuis le début de l'offensive russe contre l'Ukraine il y a plus de quatre ans, faisant du conflit une bataille existentielle contre l'Occident et ses valeurs jugées décadentes.
La Russie de Vladimir Poutine réprime notamment les minorités sexuelles. La Cour suprême a ainsi banni fin 2023 le «mouvement international LGBT» pour «extrémisme».