Il peut frapper fort. Et il veut le faire. Selon les médias américains, Donald Trump a le doigt sur la gâchette de son armada aéronavale déployée dans le Golfe persique. Une échéance est prévue ce dimanche avec Benjamin Netanyahu. Les deux dirigeants doivent échanger au téléphone. Or, le Premier ministre israélien veut lui aussi reprendre les hostilités et en finir avec le cessez-le-feu unilatéralement décrété par Washington le 8 avril. Mais que peut faire Trump? Et quels résultats peut-il obtenir?
Des frappes massives
Il faudra en arriver là. «The calm before the storm» (le calme avant la tempète): telle est la légendre d'une image montrent le président américaine en chef de guerre, diffusée sur son réseau social. Donald Trump lui-même l’a répété: la nouvelle phase de la guerre aérienne contre l’Iran ne ressemblera pas à celle qui avait démarré le 28 février, par l’attaque contre le QG du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dès les premières heures des bombardements. Cette fois, ce sont des infrastructures civiles cruciales qui seront visées, comme des nœuds énergétiques ou des ponts. On ne peut pas exclure une campagne de bombardements soutenus sur les zones où le régime iranien, près d’Ispahan, est soupçonné de cacher son uranium enrichi à des fins militaires. On parle aussi de l’emploi de nouvelles bombes et de nouveaux missiles, encore plus puissants. Objectif: paralyser le régime iranien et ouvrir la voie, peut-être, à une rébellion populaire.
Des cibles de haut niveau
Benjamin Netanyahu l’aurait confirmé à Donald Trump et il devrait le lui répéter ce dimanche: les services de renseignement israéliens ont, depuis le 8 avril et le début du cessez-le-feu, quadrillé encore plus la géographie humaine de la République islamique. Plusieurs hauts dirigeants des Gardiens de la révolution seront à coup sûr visés par les nouvelles frappes, toujours dans le même espoir: décapiter le régime et provoquer sa scission. Ces cibles de haut niveau pourraient aussi se trouver dans le collimateur des forces spéciales américaines et israéliennes. Autre option souvent évoquée: un assaut américain sur la cache supposée des 440 kilos d’uranium enrichi détenus par l’Iran. Sans parler d'une cible déjà évoquée: le terminal pétrolier iranien de l'île de Kharg, dans le détroit d'Ormuz. Et si Trump décidait pour de bon, cette fois, de s'en emparer?
Une libération d’Ormuz
Pour que cette nouvelle vague de frappes aériennes, peut-être combinée avec des opérations terrestres limitées - comme celle sur l'île de Kharg - soit jugée efficace, il faudra des résultats rapides. Le premier résultat pourrait être la réouverture par la force du détroit d’Détroit d'Ormuz, via la destruction des bases de lancement de missiles et de drones qui menacent ce passage maritime crucial. Si Trump libère Ormuz et que les centaines de navires bloqués dans les ports du Golfe persique peuvent reprendre la mer, il aura marqué un point. Mais, pour l’heure, les Iraniens ont montré qu’ils ont les moyens de dissuader ces navires d’appareiller.
Un risque d’échec accru
Trump et Netanyahu ont les moyens militaires de mettre l’Iran à genoux. Le président des Etats-Unis, s’il le veut, pourrait même ordonner une campagne de bombardements de grande ampleur, via les fameux bombardiers Boeing B-52 Stratofortress à long rayon d’action utilisés pendant la guerre du Vietnam. Et après? Les destructions consécutives lui apporteront-elles la garantie d’une capitulation des Gardiens de la révolution? Rien n’est moins sûr. N’oublions pas que plus les bombardements seront massifs, plus les dommages collatéraux et les pertes civiles augmenteront. La population iranienne se retrouvera plus que jamais l’otage d’une telle guerre.
Une riposte iranienne déjà prête
Le tir qui a eu lieu, ce dimanche, à proximité de la centrale nucléaire des Emirats arabes unis, située dans le sud de ce pays, a valeur d’avertissement. L’Iran a les moyens de frapper les pays du Golfe, à commencer par Dubaï ou Abou Dhabi, les plus engagés dans ce conflit aux côtés d’Israël et des Etats-Unis. Il est certain que la riposte iranienne fera très mal, d’autant que les Gardiens de la révolution ont réussi, depuis un mois, à se refaire une santé militaire grâce aux aides russes et chinoises. Cette guerre aérienne peut-elle réussir maintenant, alors qu’elle a échoué jusque-là à faire capituler le régime de Téhéran? On peut vraiment en douter.