La Banque centrale de Russie (BCR) a abaissé vendredi son principal taux directeur de 0,25 point, à 14%, malgré une inflation élevée, tirée par une hausse des prix du carburant en raison des frappes ukrainiennes contre des raffineries.
«En juin-juillet, la hausse des prix actuelle s'est accélérée», constate la BCR dans une note annonçant cette décision, en expliquant que cette dynamique des prix avait été entre autres affectée par des «facteurs volatils, notamment le carburant, les fruits et les légumes».
Ces derniers mois, l'Ukraine a envoyé des milliers de drones contre la Russie en visant essentiellement des infrastructures énergétiques et logistiques, provoquant une crise de carburant dans ce pays, l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde. La flambée des prix du carburant a fait grimper l'inflation d'un point à 6% en juin, bien au-dessus de l'objectif de 4% fixé par la Banque centrale.
En raison d'une hausse «considérable» des prix du carburant, la Banque prévoit une inflation annuelle à un niveau entre 6 et 7% en 2026. Après la contraction de l'économie au premier trimestre pour la première fois en trois ans, la croissance au deuxième trimestre a été «modérée», a déclaré la Banque centrale.
Les marchés énergétiques bouleversés
Elle a réduit ses prévisions annuelles de PIB dans une fourchette de 0-1%, contre une prévision antérieure de 0,4-1,3%. Plus de quatre ans après le début de son offensive d'ampleur contre l'Ukraine, la Russie fait face à de multiples sanctions occidentales, une inflation élevée, des coûts d'emprunt prohibitifs et des pénuries de main-d'oeuvre.
Pour autant, elle reste l'un des pays développés les moins endettés au monde (environ 16% du PIB) et dispose d'un fonds souverain de plus de 150 milliards d'euros. Ses revenus tirés des ventes d'hydrocarbures connaissent une hausse considérable depuis le début de la guerre au Moyen-Orient fin février, qui a bouleversé les marchés énergétiques.