La présidente élue du Pérou, Keiko Fujimori, a promis mardi d'engager un processus de «réconciliation et d'unité» pour «soigner» les blessures du pays, lors de sa première interview depuis sa victoire. Keiko Fujimori, représentante de la droite conservatrice, s'est imposée avec l'une des marges les plus étroites de l'histoire récente en Amérique latine contre son rival de gauche Rodrigo Paz. Le résultat définitif n'a été confirmé que lundi, trois semaines après le second tour.
«Le Pérou doit soigner ses blessures et l'une des responsabilités les plus grandes qui m'incombe est de rechercher un processus profond de réconciliation et d'unité», a-t-elle expliqué au présentateur et ex-journaliste cubain de CNN Ismael Cala dans son podcast. La fille de l'ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), prendra ses fonctions le 28 juillet, pour un mandat courant jusqu'en 2031. Parmi les principaux défis qu'elle devra relever figure la hausse de la criminalité dans un pays particulièrement instable politiquement, avec huit présidents différents sur la dernière décennie.
«Retrouver l'ordre. Mais aussi redonner confiance et espoir aux gens», a indiqué Mme Fujimori, résumant ses intentions. Elle a aussi dit espérer que son projet de gouvernement et la composition de son équipe incarneront un «facteur de confiance, de crédibilité et de prédictibilité dont le secteur privé a besoin».
Respect de l'Etat de droit
Son accession au poste suprême, après trois échecs, marque le retour du fujimorisme plus de 20 ans après. Le règne de son père, décédé en 2024, a laissé un pays profondément divisé.
Alberto Fujimori est parvenu à stabiliser l'économie et à mater les guérillas du Sentier Lumineux et du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) qui sévissaient dans les années 1980-90. Mais il a aussi pris le contrôle des institutions en 1992 pour se faire réélire et a été condamné pour corruption et crimes contre l'humanité, ce que ses détracteurs ne manquent pas de rappeler.
«Je suis très institutionnelle, totalement respectueuse de l'Etat de droit et de la démocratie», a-t-elle répondu, questionnée sur l'héritage politique de son père.