Cérémonie incertaine
«Une bataille après l'autre» ou «Sinners»? C'est l'heure du verdict aux Oscars

Les Oscars 2026 se tiendront ce dimanche à Los Angeles. La soirée s'annonce incertaine avec une compétition acharnée entre «Sinners» et «Une bataille après l'autre».
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Les Oscars 2026 se tiendront ce dimanche à Los Angeles.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

Qui d'"Une bataille après l'autre» ou de «Sinners» sera élu meilleur film? Et qui l'emportera chez les acteurs ? Les Oscars rendent enfin leur verdict dimanche, lors d'une cérémonie particulièrement incertaine.

Les deux longs-métrages favoris ont chacun «une énorme opportunité de battre plusieurs records aux Oscars», rappelle à l'AFP Clayton Davis, chroniqueur du magazine Variety. Mais «tant que l'enveloppe finale du meilleur film n'aura pas été ouverte, nous ne saurons pas qui va gagner», insiste-t-il.

Pour cette 98e cérémonie, Los Angeles aussi est dans l'incertitude. Avec la guerre menée par les Etats-Unis au Moyen-Orient, la police a renforcé la sécurité dans les rues d'Hollywood. Cela ne devrait pas empêcher l'humoriste Conan O'Brien de divertir, lors d'une soirée où «Sinners» et «Une bataille après l'autre» peuvent chacun battre le record de statuettes (11), détenu conjointement par «Ben-Hur», «Titanic» et le troisième volet du «Seigneur des Anneaux».

«Sinners» a déjà marqué l'histoire

Plongée démoniaque dans le blues des Afro-Américains, «Sinners» rentre déjà dans l'histoire avec un nombre record de 16 nominations. Son créateur Ryan Coogler, déjà connu pour «Black Panther», pourrait devenir le premier Afro-Américain à remporter l'Oscar du meilleur réalisateur.

Mais son oeuvre hybride, à la fois film d'époque, conte de vampires et comédie musicale, fait face à un favori de taille avec «Une bataille après l'autre», nommé dans 13 catégories. Ce thriller loufoque, où Leonardo DiCaprio incarne un ex-révolutionnaire gauchiste maladroit forcé de secourir sa fille aux mains d'un suprémaciste blanc, a dominé la quasi-totalité des prix précurseurs cette saison.

Fresque sur les dérives extrémistes des Etats-Unis, le film est plébiscité pour sa capacité à saisir les fractures politiques d'une Amérique irréconciliable, où tout se résout par les armes. Son réalisateur, Paul Thomas Anderson ("There Will Be Blood», «Magnolia», «Licorice Pizza") a été maintes fois nommé aux Oscars, mais n'a jamais gagné.

Cela a poussé l'un des votants sollicités par l'AFP à lui accorder son bulletin. «Il est temps», a-t-il confié, expliquant avoir voté «pour l'ensemble de son oeuvre». Le choix a toutefois été «très difficile» et «cela ne veut pas dire que Ryan Coogler ne le mérite pas tout autant», a-t-il ajouté.

Suspense chez les acteurs

Chez les acteurs, la seule garantie semble être l'Oscar de la meilleure actrice pour Jessie Buckley, magistrale dans «Hamnet», où elle incarne l'épouse de William Shakespeare, bouleversée par la mort de son fils. Le suspense reste entier dans les autres catégories.

Timothée Chalamet semblait destiné au prix du meilleur acteur, grâce à son incarnation d'un joueur de ping-pong à l'ambition démesurée dans «Marty Supreme». Mais le Franco-Américain est en chute libre ces dernières semaines: la star de «Sinners» Michael B. Jordan, lui a notamment ravi l'Actor Award avec son double rôle de jumeaux mafieux se rebellant contre l'Amérique ségrégationniste.

«Jouer deux rôles est toujours difficile, et il s'en sort brillamment», a confié une autre votante à l'AFP, qui a pourtant apprécié la prestation de Leonardo DiCaprio, et celle de Wagner Moura dans «L'Agent Secret».

Suspense pour les seconds rôles

La concurrence est aussi rude chez les seconds rôles. Côté hommes, Sean Penn pourrait décrocher un troisième Oscar d'interprétation pour son rôle de militaire caricatural et torturé par son racisme dans «Une bataille après l'autre». Mais il est concurrencé par la coqueluche du cinéma d'auteur Stellan Skarsgard ("Valeur Sentimentale"), et le vétéran américain Delroy Lindo ("Sinners").

Chez les femmes, Wunmi Mosaku, magnétique en guérisseuse vaudou dans «Sinners», pourrait l'emporter. Mais Amy Madigan ("Evanouis") et Teyana Taylor ("Une bataille après l'autre") ont également leurs chances. Quant à la catégorie meilleur film international, c'est «la plus difficile à prédire cette année», juge Clayton Davis.

Les deux favoris sont «Valeur Sentimentale», récit du Dano-Norvégien Joachim Trier sur l'amour imparfait entre un père réalisateur et ses filles, et «L'Agent Secret», du Brésilien Kleber Mendonça Filho, chronique de l'atmosphère poisseuse sous la dictature auriverde des années 70. Ils semblent mieux positionnés que la Palme d'or cannoise, «Un simple accident», du dissident iranien Jafar Panahi, choisi pour représenter la France aux Oscars.

Pour l'Oscar du meilleur film d'animation, les productions françaises «Arco» et «Amélie et la métaphysique des tubes» partent également désavantagées face au phénomène Netflix, «KPop Demon Hunters», dont la chanson phare fera partie des numéros musicaux qui rythmeront la cérémonie.

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