Fermé, rouvert, refermé… la situation au détroit d’Ormuz ne cesse de changer depuis l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre Américains et Iraniens. Le sort des milliers de navires, qui attendent de pouvoir traverser à nouveau en toute sécurité ce passage-clé pour le commerce mondial, demeure incertain, en raison de la présence de mines sous-marines.
Vendredi, Donald Trump a voulu se montrer rassurant. «L’Iran, avec l’aide des Etats-Unis, a déminé toutes les mers ou est en train de le faire!», a-t-il affirmé sur sa plateforme Truth Social. Mais qu’en est-il réellement?
Plusieurs médias américains se sont posé dernièrement la question de savoir comment localiser et désamorcer ces engins explosifs. «La Repubblica» indique ce samedi que les Gardiens de la révolution ont apparemment posé les mines à la hâte, probablement à l’aide de bateaux de pêche, afin d’éviter les tirs de l’armée de l’air américaine. Et qu’il n’y avait pas de carte précise de leur emplacement.
Les mines disposent d’un capteur magnétique et d’un capteur acoustique
Selon le journal italien, les émissaires des mollahs auraient déclaré lors des récentes négociations à Islamabad: «Nous ne savons pas où elles sont et nous n’avons pas les moyens de les neutraliser».
Douze mines de type Maham 3, chargées chacune de 120 kilogrammes de TNT, auraient été cachées au fond de la mer. La charge d’une mine suffit à éventrer la coque d’un bateau, à détruire la salle des machines ou à rendre un navire incapable de manœuvrer ou à le faire couler. Elles sont équipées d’un capteur magnétique qui s’active au contact de la masse métallique des navires et d’un capteur acoustique qui les déclenche au bruit des hélices.
Des drones sous-marins nécessaires
Localiser les mines Maham 3 sans connaître leurs coordonnées exactes est une mission extrêmement complexe. Les dragueurs de mines ne peuvent s’en approcher car le bruit de leurs moteurs déclencherait les explosifs. Il est donc nécessaire d’utiliser un drone sous-marin télécommandé pour scanner les fonds marins à l’aide d’un sonar.
Plus problématiques encore sont les engins explosifs iraniens de conception plus ancienne, dont l’existence a fait l’objet de rumeurs non confirmées ces derniers jours. Ils sont équipés de détonateurs à contact et ressemblent à des oursins.
Ces engins sont généralement ancrés par une chaîne qui, selon certaines informations, s’est rompue, les laissant dériver dans le golfe Persique. Une telle menace ne ferait qu’aggraver la situation, car elle nécessite une surveillance accrue de la surface de la mer.