Conseil des droits de l'homme
L'ONU dénonce les situations graves dans le monde

L’ONU alerte la situation en Iran, à Gaza et dans plusieurs conflits dans le monde. Volker Türk appelle à stopper l’escalade et juge plusieurs situations humanitaires comme préoccupantes.
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En Iran, «les autorités ont intensifié leur répression brutale» avec des milliers d'arrestations.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

L'ONU condamne au moins 40 exécutions en Iran depuis janvier pour des raisons sécuritaires, y compris 18 manifestants. Dans la bande de Gaza, près de 1000 Palestiniens ont été tués depuis le cessez-le-feu d'octobre dernier, a-t-elle dit lundi à Genève.

«Toutes les parties doivent faire preuve d'une retenue maximale», a dit le haut commissaire aux droits de l'homme Volker Türk au début d'un mois de travaux du Conseil des droits de l'homme. En Iran, «les autorités ont intensifié leur répression brutale» avec des milliers d'arrestations.

S'il salue l'accord entre les Etats-Unis et Téhéran qui doit être signé vendredi à Genève pour mettre un terme à trois mois d'affrontements, il renvoie dos à dos ces deux pays, ainsi qu'Israël pour les frappes des derniers mois. Il a estimé «entièrement inacceptable» le blocage d'Ormuz.

Cette situation a d'importantes conséquences humanitaires et sur les prix énergétiques. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que 45 millions de personnes ont pu être poussées dans une insécurité alimentaire aiguë. Des millions de cas sont déjà avérés. Autre problème, environ 20'000 marins restent bloqués depuis des mois, a ajouté le haut commissaire.

Lors d'un débat urgent il y a quelques mois, le Conseil des droits de l'homme avait condamné «fermement» les frappes iraniennes contre les pays du Golfe.

Plus de 1000 victimes de drone au Soudan

Dans la bande de Gaza, les autorités israéliennes poussent les Palestiniens dans «une portion toujours plus petite du territoire». Et 82 personnes ont été tuées par le Hamas depuis octobre, dit le haut commissaire.

Il y a quelques jours, la Commission d'enquête internationale sur les territoires palestiniens avait considéré que le mouvement islamiste avait perpétré des actes équivalant à des crimes de guerre contre les Palestiniens. Celle qui a par le passé affirmé qu'un génocide avait été perpétré dans la bande de Gaza par Israël a aussi dénoncé des transferts forcés de populations par l'Etat hébreu et les colons en Cisjordanie.

Dans ce territoire, près de 60 personnes ont été tuées et près de 1300 blessées depuis début janvier. Des centaines d'autres sont détenues. «Nos précédents avertissements n'ont pas été entendus», a déploré le haut commissaire.

Au Soudan, le nombre de victimes civiles de drones dans le conflit dépasse désormais les 1000, selon son bureau. De même, celui des personnes tuées ou blessées en Ukraine pendant les cinq mois de l'année a été plus important que pendant la même période des trois années précédentes.

2300 morts dans les violences des gangs en Haïti

Au moins 2300 personnes ont été tuées depuis le début de l'année en Haïti, pays ravagé par la violence des gangs, a alerté le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme lundi. «En Haïti, la violence des gangs a causé au moins 2300 morts, 1100 blessés et 99 enlèvements depuis le début de l'année», a déclaré Volker Türk, devant le Conseil des droits de l'homme à Genève.

Haïti, pays le plus pauvre d'Amérique, est rongé depuis des années par la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Le Haut-Commissaire exhorte les autorités «à agir rapidement pour mettre en place des structures judiciaires permettant de lutter contre l'impunité». «La Force de répression des gangs (FRG)», une mission multinationale mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU «est nécessaire de toute urgence et doit opérer dans le respect du droit international des droits de l'homme», a-t-il ajouté.

Les armes autonomes ne doivent pas devenir des «permis» pour tuer

Les armes autonomes ne peuvent pas devenir une forme de «permis de commettre des crimes d'atrocité», a exhorté Volker Türk, appelant la communauté internationale à réguler leur usage. 

«Nous assistons à une transformation mondiale de la manière dont les guerres sont menées. L'ONU met en garde depuis de nombreuses années contre le développement d'armes létales autonomes. Cette réalité est désormais devant nous», a-t-il déclaré. 

«La perspective d'armes dotées d'intelligence artificielle coûtant des milliards de dollars, neutralisées par des boucliers défensifs eux aussi alimentés par l'IA et valant des milliards, met en lumière toute l'horreur, le vide et l'absurdité de la guerre», a-t-il martelé.

Selon lui, l'urgence réside dans la nécessité pour la communauté internationale de se pencher «sur les questions morales et juridiques que cela soulève, s'accorder sur une approche commune qui protège les vies civiles et renouveler leur engagement en faveur de la diplomatie et de la médiation».

Situations difficiles pour le Conseil

Outre le Moyen-Orient, parmi les autres situations qui seront discutées par le Conseil figurent notamment le Soudan, la République démocratique du Congo (RDC), le Bélarus, le Nicaragua ou encore la Birmanie. L'organe doit faire face à une situation financière restreinte en raison des coupes à l'ONU avec la crise de liquidités.

Pour ses 20 ans, le Conseil se penchera aussi sur les 20 prochaines années. Certains, comme les Etats-Unis, le remettent en cause. «Le Conseil est toujours très utile dans la politique de protection des droits humains», a estimé il y a quelques jours à Keystone-ATS le nouvel ambassadeur suisse à l'ONU à Genève Thomas Gürber.

Les 20 ans permettent «un moment de réflexion sur le fonctionnement institutionnel de cet outil» en dehors des situations brûlantes dans différents pays, dit-il. Avant le début du Conseil, le haut commissaire avait dévoilé une nouvelle Alliance mondiale pour les droits humains, qui doit rassembler tous les acteurs.

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