Répression meurtrière de 2025
L'ex-Premier ministre du Népal Sharma Oli remis en liberté

L'ex-Premier ministre népalais KP Sharma Oli a été libéré après 12 jours de garde à vue. Il était interrogé sur la répression des émeutes de septembre 2025, qui avaient fait 76 morts.
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L'ex-Premier ministre népalais KP Sharma Oli a été libéré après 12 jours de garde à vue.
Photo: keystone-sda.ch
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AFP Agence France-Presse

L'ex-Premier ministre népalais KP Sharma Oli a été remis jeudi en liberté au terme de douze jours de garde à vue dans le cadre de l'enquête ouverte sur la répression de l'insurrection qui a causé la chute de son gouvernement en 2025. La police népalaise l'a confirmé aux médias.

«L'ancien Premier ministre et l'ancien ministre de l'Intérieur (Ramesh Lekha) ont été libérés aujourd'hui à la condition qu'ils répondent aux convocations de la police», a déclaré à l'AFP un porte-parole de la police, Pawan Kumar Bhattarai. «Ils ont été rendus à leur famille», a-t-il ajouté. Ils avaient été arrêtés le 28 mars pour être interrogés sur leur rôle dans les émeutes des 8 et 9 septembre, au cours desquelles au moins 76 personnes ont été tuées.

Les deux hommes, qui ne sont pas inculpés à ce stade, nient avoir ordonné à la police d'ouvrir le feu sur les manifestants. Saisie par l'épouse de l'ancien chef du gouvernement, la Cour suprême a ordonné lundi que la détention de Sharmi Oli et de Ramesh Lekha ne soit pas prolongée au-delà de ce jeudi.

Pas «d'ordre formel d'ouvrir le feu»

Leur arrestation est intervenue dans la foulée de l'entrée en fonction du gouvernement dirigé par le rappeur de 35 ans devenu maire de Katmandou, Balendra Shah, grand vainqueur des législatives du 5 mars. Dans un rapport publié dans la presse le mois dernier, une commission nommée par les autorités de transition avait recommandé des poursuites pénales pour «négligence criminelle» contre Sharma Oli, Ramesh Lekhak et l'ancien chef de la police du pays notamment.

La commission n'a pas «pu établir s'il y avait eu un ordre formel d'ouvrir le feu», écrit-elle dans son rapport. Mais elle considère qu'"aucun effort n'a été fait pour arrêter ou maîtriser les tirs», une «négligence» qui a provoqué la mort de personnes dont «des mineurs»

Répression en septembre 2025

Le 8 septembre 2025, la police avait ouvert le feu sur de jeunes manifestants qui, par milliers, défilaient à Katmandou sous la bannière de la Génération Z pour dénoncer la corruption des élites et le chômage. Le lendemain, la foule avait détruit de nombreux bâtiments publics, dont le Parlement, dans la capitale.

Le Parti communiste (CPN-UML) que dirige toujours M. Oli a qualifié les arrestations d'"acte de vengeance». Plusieurs centaines de ses militants ont manifesté à plusieurs reprises ces derniers jours pour obtenir sa libération. 

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