Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, le conflit est devenu un véritable laboratoire pour les technologies militaires de pointe. Drones de dernière génération, systèmes autonomes et intelligence artificielle offrent régulièrement de nouvelles possibilités sur le champ de bataille. Mais cette course à la haute technologie a ses limites et ne peut se poursuivre indéfiniment. Les deux camps ont déjà subi de lourdes pertes humaines et matérielles.
Début septembre, le nouveau missile «bon marché» du président russe Vladimir Poutine a été présenté lors du salon aéronautique international d’El-Alamein, en Egypte. Selon des informations des services secrets ukrainiens, il s’agirait du missile S-71K, rapporte le portail d’information polonais Strefa Obrony. Ce missile est développé par le constructeur aéronautique russe United Aviation Corporation. Le concept est simple: miser sur une technologie moins sophistiquée pour pouvoir déployer le missile en plus grandes quantités.
Une portée de 300 kilomètres
Le missile S-71K «Kovjor» (Tapis) est équipé d’une ogive classique, une bombe à fragmentation OFAB-250-270 pesant 250 kg. Son fuselage est fabriqué à partir de matériaux composites à base de fibre de verre, tandis que sa structure interne repose principalement sur des éléments en aluminium. La navigation et le pilotage sont assurés par des systèmes embarqués relativement simples et des capteurs basiques. Grâce à sa forme trapézoïdale aplatie, le missile S-71K adopte une géométrie furtive et réduit les réflexions radar.
La portée du missile est estimée à environ 300 kilomètres. Les avions qui le transportent peuvent ainsi frapper des cibles sensibles, comme des dépôts de munitions, des centres logistiques ou des infrastructures stratégiques, sans avoir à pénétrer eux-mêmes dans les zones couvertes par les systèmes de défense antiaérienne à courte ou moyenne portée, explique le portail Defence Security Asia. Le «Kovjor» est propulsé par un moteur à réaction R500. Il serait également équipé d’un réservoir principal et de deux réservoirs de carburant supplémentaires.
Economique et performant
L’expert ukrainien en défense, Andrij Charuk, a expliqué au Strefa Obrony que cette approche reflétait un changement radical consistant à miser sur des missiles de croisière plus simples et moins coûteux. Les guerres modernes nécessitent en effet des quantités considérables d’armes. Le «Kovjor» se situe à mi-chemin: moins coûteux que les missiles classiques, il serait néanmoins plus performant que les drones jetables traditionnels.
Selon les services de renseignement ukrainiens, des missiles S-71 auraient déjà été utilisés contre l’Ukraine à la fin de 2025. Initialement conçus pour être lancés depuis le Su-57, l’avion de combat de pointe russe, ces engins peu coûteux pourraient, grâce à de nouvelles adaptations, également être déployés depuis d’autres avions à réaction ou des drones furtifs.