Vacanciers et exploitants tremblent
Cette réforme va-t-elle faire exploser les prix sur les plages italiennes?

L'Italie doit remettre en concurrence toutes ses concessions de plages d’ici à 2027. Alors que 30'000 exploitants redoutent le pire, les vacanciers suisses pourraient casquer.
1/4
Parasols colorés, chaises longues à perte de vue et lidos gérés par des familles: tout semble normal sur les plages italiennes.
Photo: imago images/photosteinmaurer.com
Daniel_Macher_Journalist Newsteam_Blick.ch_2-Bearbeitet.jpg
Daniel Macher

Les plages italiennes pourraient être encore plus fréquentées cet été. La crise du kérosène bouleverse les plans de voyage, les compagnies aériennes envisageant de réduire leurs liaisons. Dans ce contexte, nombreux sont ceux qui devront privilégier la voiture une fois l'été venu. Pour les vacanciers suisses, l’Italie redevient ainsi une destination de premier choix.

A première vue, les bords de mer transalpins n'ont rien perdu de leur superbe: parasols colorés, rangées de transats à perte de vue, exploitations familiales transmises de génération en génération. Seulement voilà, cette apparente tranquillité masque une profonde mutation. En coulisses, une réforme est en marche et pourrait transformer en profondeur les vacances balnéaires sur la grande botte.

Les exploitants en colère

Sous la pression de l'Union européenne (UE), l'Italie doit remettre en concurrence l’ensemble de ses concessions de plages d'ici à juin 2027. Cette exigence repose sur la directive Bolkestein de 2006, destinée à renforcer la concurrence au sein du marché intérieur.

En Italie, elle concerne quelque 30’000 exploitants de lidos – nom généralement donné aux plages de sables dotées d'infrastructures à disposition des vacanciers. Souvent, il s'agit d'entreprises familiales actives depuis des décennies. Pour beaucoup, l’enjeu est de taille: leur plage pourrait passer aux mains d’un autre opérateur, parfois international. 

Dès lors, la contestation est vive. En février déjà, des exploitants ont manifesté à Sanremo en marge d'un célèbre festival de musique, sous le slogan «Balneari incazzati» («exploitants en colère»). Une nouvelle mobilisation d'ampleur est prévue le mardi 28 avril à Rome. Pour les exploitants, l'objectif est clair: empêcher, ou du moins retarder, la réattribution des concessions.

«Expropriation» dénoncée

Les lidos emploient environ 300’000 personnes en haute saison et génèrent près de 15 milliards d’euros par an. Les plages, considérées comme un bien public rare, doivent en principe faire l’objet d’appels d’offres transparents pour leur exploitation commerciale, à l’image des marchés publics.

Les exploitants s’opposent vivement à ces nouvelles procédures. Ils dénoncent un «bradage» et une «expropriation», estimant avoir investi pendant des décennies dans leurs installations. Ils redoutent en outre que les nouvelles redevances se répercutent sur les clients, entraînant une hausse marquée des prix. L’été dernier déjà, les plages privées avaient enregistré une nette baisse de fréquentation étrangère mais aussi locale, certains Italiens les jugeant désormais trop onéreuses.

Articles les plus lus