Proche des gardiens de la révolution
Mojtaba Khamenei devient guide suprême et succède à son père à la tête de l'Iran

Mojtaba Khamenei devient guide suprême d'Iran et succède à son père, mort au début du conflit. Agé de 56 ans, ce religieux conservateur a été nommé par l'Assemblée des experts du clergé chiite.
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Mojtaba Khamenei est le nouveau guide suprême d'Iran. Ce religieux est particulièrement proche des gardiens de la révolution.
Photo: IMAGO/Middle East Images
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ATS Agence télégraphique suisse

Mojtaba Khamenei, une des personnalités les plus influentes d'Iran, succède dimanche comme guide suprême iranien à son père, l'ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre avec Israël et les Etats-Unis qui embrase la région depuis neuf jours. Ce religieux de 56 ans, considéré comme proche des conservateurs en raison notamment de ses liens avec les gardiens de la révolution, a été choisi par l'assemblée des experts, collège de 88 membres appartenant au clergé chiite.

«L'ayatollah Mojtaba Hosseini Khamenei [...] est nommé et présenté comme troisième guide du système sacré de la république islamique d'Iran, sur la base d'un vote décisif des membres respectés de l'assemblée des experts», indique l'instance religieuse dans un communiqué relayé par les médias iraniens. Le texte a été lu solennellement à la télévision d'Etat par un présentateur pendant qu'une photographie de Mojtaba Khamenei apparaissait à l'écran.

Les gardiens de la révolution ont immédiatement prêté allégeance au nouveau guide suprême, qui succède à son père, au pouvoir depuis 1989. Ali Khamenei a été tué le 28 février dans l'offensive américano-israélienne comme d'autres hauts dignitaires de la république islamique.

Un «poids plume»

Des images ont ensuite montré des scènes de liesse aux quatre coins du pays, avec des Iraniens agitant dans la nuit des drapeaux de la république islamique ou les lampes de leurs téléphones portables. Depuis une semaine, le nom de Mojtaba Khamenei circulait pour endosser ce poste dévolu à un religieux. Ali Khamenei avait pourtant en 2024 écarté un tel scénario alors que la révolution islamique a mis fin en 1979 à des siècles de monarchie héréditaire.

Israël a d'ores et déjà annoncé mercredi que le nouveau guide suprême, qui est désigné à vie et garde en pratique le dernier mot sur les grandes orientations, tant en politique intérieure qu'extérieure, serait «une cible». Quant au président américain Donald Trump, qui revendiquait un droit de regard sur la désignation du nouveau dirigeant iranien, il a prévenu dimanche que le nouveau guide suprême iranien «ne tiendra pas longtemps» sans son aval et ce avant même que son nom soit rendu public.

Jeudi, il avait déjà affirmé qu'il n'accepterait pas que Mojtaba Khamenei, qualifié de «poids plume», prenne la relève. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a réaffirmé que le choix du successeur d'Ali Khamenei incombe au «peuple iranien» et à «personne d'autre».

Prêt pour six mois de guerre

La désignation du nouveau guide suprême survient alors que l'Iran, toujours secoué par d'intenses frappes, assure être prêt à «au moins six mois de guerre» faisant fi des appels à la «capitulation inconditionnelle» lancés par Donald Trump. Dimanche après-midi, des explosions ont été entendues dans la capitale, déjà plongée au petit matin dans l'obscurité et enveloppée d'un voile noir, selon les journalistes de l'AFP.

L'armée israélienne a dit avoir frappé «plusieurs» réservoirs de carburant, utilisés, selon elle, pour faire fonctionner les infrastructures militaires, avant d'annoncer dans l'après-midi avoir frappé le quartier général de la force aérospatiale des gardiens de la révolution, force d'élite de la république islamique. Il s'agit de la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le 28 février.

La distribution d'essence est désormais limitée à 20 litres par véhicule, et des files d'attente s'étirent le long des stations-service de Téhéran, a constaté l'AFP dimanche, jour de reprise en Iran après une semaine fériée décrétée après la mort d'Ali Khamenei. Selon le dernier bilan du ministère iranien de la santé, plus de 1200 personnes ont été tuées et plus de 10'000 civils blessés, des affirmations que l'AFP n'a pas pu vérifier.

Près de 400 morts au Liban

Parallèlement, au Liban, le coeur de Beyrouth a été touché dans la nuit de samedi à dimanche par une frappe sur un hôtel. Israël a dit avoir mené une «frappe de précision», tuant cinq officiers des gardiens de la révolution, dont «trois importants commandants de la force Qods», branche des opérations extérieures des gardiens de la révolution.

Le bilan des frappes israéliennes menées dans le pays contre le Hezbollah pro-iranien s'élève désormais à 394 morts, ainsi qu'à quelque 517'000 déplacés, ont indiqué les autorités libanaises. Les Etats-Unis ont de leur côté annoncé la mort d'un septième militaire américain tué dans les frappes iraniennes dans le golfe Persique le 1er mars.

Depuis le début de la guerre, en riposte aux bombardements, l'Iran tire en effet missiles et drones vers des infrastructures dans le golfe Persique, riche en hydrocarbures et qui abrite plusieurs bases militaires américaines. Le conflit paralyse une grande partie des flux d'hydrocarbures en provenance de la région. Le détroit d'Ormuz est au centre des inquiétudes, avec 20% de la production mondiale de pétrole et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL) qui y transite habituellement.

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