Alors qu'il se préparait à reconquérir la Maison-Blanche, Donald Trump avait sumbergé le peuple américain de promesses stellaires. En 2024, avec l'assurance de celui qui a déjà gagné, il annonçait théâtralement «le plus grand boom économique que le monde ait jamais connu». Des impôts diminués, une inflation baissée «dès le premier jour», un marché de l'emploi reboosté... son programme était plutôt aguicheur, concordant avec «l'époque dorée» qu'il jurait de bâtir pour son pays.
Puis, quelques mois avant les élections de mi-mandat («midterms»), le président des États-Unis décide de s'allier à Israel pour lancer l'«Operation epic fury», le 28 février. Si le titre évoque un jeu vidéo, la violence est bien réelle: ce premier assaut a rassemblé près de 900 frappes en moins de 12 heures. La communication officielle de Washington suggère, armée d'un langage épique, une victoire assurée: «Les guerriers américains portent des coups écrasants et dévastateurs pour éliminer, une fois pour toutes, la menace que représente le régime iranien», peut-on lire. La réalité semble tout autre, sachant que Donald Trump réclame désormais de l'aide pour débloquer le détroit d'Ormuz.
12 milliards de dollars pour 3 semaines de guerre
Alors que la guerre entame sa troisième semaine, les promesses d'une ère dorée financière semblent un peu irréalistes. Les Etats-Unis auraient, depuis le début du conflit, dépensé 11,3 milliards de dollars, rapporte «The Guardian». Selon «The New York Post», Kevin Hasset, principal conseiller financier de Trump, les coûts s'élèveraient même à 12 milliards de dollars, à la mi-mars.
Plus de 2100 personnes ont perdu la vie depuis le début des attaques, dont plus de 1348 civils, majoritairement en Iran, rapporte le «New York Times». Côté économique, la fulgurante hausse du prix du pétrole, aggravée par l'instabilité autour du détroit d'Ormuz, a désormais un impact international. Le coût d'un baril de pétrole s'élève désormais à plus de 120 dollars, soit une hausse de 20% en dix jours, selon Al Jazeera.
La crainte d'une récession
«L'idée d'un boom économique américain a été remplacée par de nouvelles spéculations, parmi les les experts, laissant craindre une récession, alors que les familles et les entreprises affrontent les prix élevés de l'essence et une incertitude croissante», analyse le «New York Times». En effet, Goldman Sachs prédit le risque de récession à 25% dans les douze prochains mois.
Ce que Donald Trump décrivait comme une «excursion rapide» prend une ampleur dévastatrice. Or, le président n'évoque que très vaguement les conséquences économiques directes sur la population américaine: «L'inflation baisse, les salaires augmentent, l'économie revient en force et l'Amérique est à nouveau respectée», se réjouissait-il lors d'un discours donné à Hebron, dans le Kentucky, le 11 mars dernier.
Joseph Lavorgna, économiste en chef de la société SMBC Nikko Securities America, n'est pas de cet avis: «Avant le début du conflit, on pouvait penser que l'année 2026 serait marquée par une croissance satisfaisante, a-t-il observé, toujours auprès du 'New York Times'. Mais la hausse continue du prix de l'essence pose de véritables risques pour les consommateurs et les entreprises.» Selon lui, si la guerre devait durer encore plusieurs mois, elle aurait des «effets désatreux sur l'économie, pour la première moitié de l'année».