Demande de liquidités
La guerre en Iran fait chuter les investissements en or

La guerre au Moyen-Orient a bouleversé le marché de l'or en mars 2026, entraînant une baisse de 5% des investissements en volume et une ruée vers les ventes pour répondre à la demande de liquidités.
Depuis la guerre au Moyen-Orient en mars 2026, le marché de l'or enregistre une baisse de 5% des investissements en volume.
Photo: KEYSTONE
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AFP Agence France-Presse

Les investissements en or ont baissé de 5% en volume au premier trimestre 2026, selon le Conseil mondial de l'or (CMO), bousculés par la guerre au Moyen-Orient qui a déclenché d'importantes ventes du métal précieux au mois de mars. L'or a connu un avant et un après les frappes israélo-américaines sur l'Iran, le 28 février. De façon contre-intuitive, le conflit a réduit la demande des investisseurs dans le métal jaune, éclipsant son rôle traditionnel de valeur refuge.

Sur les ETF (des actifs d'investissement qui répliquent la performance de l'or), «d'importants flux sortants en mars ont annulé une grande partie des flux entrants de janvier et février», indique le CMO dans son rapport trimestriel sur la demande d'or. Selon cette organisation de promotion et de régulation du marché aurifère, ce serait surtout lié aux «fonds nord-américains» qui ont connu «une brusque inversion de tendance en mars».

La guerre au Moyen-Orient a fait bondir les cours des hydrocarbures et a enclenché une dynamique négative sur les marchés mondiaux, accentuant le besoin de liquidité des investisseurs. L'or a aussi pâti des anticipations d'une politique monétaire plus ferme de la Réserve fédérale américaine (Fed), conduisant au renforcement du dollar. «L'or est si largement accepté que c'est parfois la première chose que l'on vend quand on a besoin de cash» rapidement, explique Juan-Carlos Artigas, expert du CMO. C'est pourquoi en mars, «nous avons effectivement vu des liquidations», précise l'analyste.

L'or n'a jamais coûté aussi cher

Selon lui, une fois ce mouvement initial passé, la prime de risque causée par le conflit pourrait néanmoins soutenir davantage la demande en or. Par ailleurs, s'il y a bien eu une réduction de la demande en volume, les achats en valeur de lingots, de pièces ou d'ETF du métal jaune ont fortement progressé, en hausse de 62% en glissement annuel. En effet, l'or n'a jamais coûté aussi cher qu'en ce début d'année 2026, avec une moyenne trimestrielle de 4873 dollars l'once. Les prix de l'or avaient même plus que doublé en un an jusqu'à atteindre un record à près de 5600 dollars l'once fin janvier.

Cette hausse des prix, qui a largement entretenu l'investissement, a néanmoins plombé la demande de bijoux en or. La guerre a ajouté un obstacle au secteur de la joaillerie, ajoute Juan-Carlos Artigas, avec des «perturbations physiques au Moyen-Orient», et notamment à Dubaï, une plaque tournante qui voit passer 20% des flux mondiaux du métal, notamment vers l'Inde.


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