L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde où la peine capitale est toujours en vigueur, a vivement critiqué mercredi l'application de la nouvelle loi israélienne instaurant «la peine de mort pour les terroristes», taillée sur mesure pour ne s'appliquer qu'à des Palestiniens.
Dans un communiqué publié sur la plateforme X, le ministère indonésien des Affaires étrangères a exhorté Israël à abroger cette loi et a réaffirmé «son soutien total à la lutte du peuple palestinien pour l'indépendance», qualifiant cette mesure de «grave violation des droits humains et du droit humanitaire».
Le cadre général de la loi prévoit que toute personne «qui cause intentionnellement la mort d'une (autre) dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l'intention de mettre fin à l'existence de l'Etat d'Israël, sera condamnée à mort ou à la prison à perpétuité».
«Crime de guerre»
Mais, pour les Palestiniens de Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, le texte prévoit que la peine capitale soit la sanction par défaut si l'homicide est qualifié d'acte de terrorisme par la justice militaire israélienne. L'application de ce texte aux habitants du territoire palestinien «constituerait un crime de guerre», a affirmé mardi le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk.
«L'Indonésie appelle également la communauté internationale, en particulier les Nations unies, à prendre des mesures fermes pour garantir que les coupables rendront des comptes et assurer la protection du peuple palestinien», a déclaré Jakarta.
Trois casques bleus indonésiens tués
Trois Casques bleus indonésiens ont été tués ces derniers jours dans des affrontements entre les troupes israéliennes et le Hezbollah au Liban, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient déclenchée par des attaques américano-israéliennes contre l'Iran. En représailles, la République islamique mène des frappes contre des pays du Golfe.
L'Indonésie compte actuellement plus de 500 condamnés dans le couloir de la mort, selon l'association de défense des droits Kontras, citant des données officielles. Parmi eux, quelque 90 étrangers tous codamnés à la peine capitale pour trafic de drogue, selon le ministère de l'Immigration et des services correctionnels.
L'Indonésie possède l'une des législations les plus sévères en matière de trafic de stupéfiants, mais les dernières exécutions en date pour trafic de drogue, celles d'un Indonésien et de trois Nigérians, remontent à 2016.