Des échauffourées ont éclaté mercredi soir à Lviv, grande ville de l'ouest de l'Ukraine, après la mobilisation d'un jeune homme par des militaires, ont rapporté jeudi autorités et médias, alors que les tensions vont croissantes autour du recrutement pour le front. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une foule de plusieurs dizaines de personnes entourant un véhicule et criant «Honte!» et des insultes, avant d'en défoncer le pare-brise et de le renverser sur la chaussée sous les applaudissements.
Selon le centre de recrutement militaire régional, ces troubles ont éclaté après la mobilisation d'un jeune homme contrôlé dans la rue et qui avait «enfreint les règles d'enregistrement militaire». Un groupe de personnes a «encerclé le véhicule de service des militaires, s'est comporté de manière agressive, l'a gravement endommagé et a finalement renversé le véhicule», a-t-il indiqué sur Facebook.
«Ce que nous avons vu hier à Lviv est tout à fait effroyable», a regretté sur Telegram le maire de la ville, Andriï Sadovy, estimant qu'«entraver l'armée dans l'exercice de ses fonctions, détruire des biens ou se faire justice soi-même est inacceptable».
«Une réunion d'urgence»
Ces échauffourées ont fait réagir jusqu'au chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Boudanov, qui a dit sur X attendre des forces de l'ordre qu'elles «réagissent de manière appropriée face aux événements survenus à Lviv».
Le gouverneur régional, Maksym Kozytsky, a de son côté annoncé qu'il avait organisé une «réunion d'urgence» sur le sujet, promettant «d'identifier et de traduire en justice» les protestataires. La mobilisation militaire est très impopulaire en Ukraine et parfois émaillée de violences, alors que l'armée peine à trouver de nouvelles recrues plus de quatre ans après le début de l'invasion russe.
De nombreux hommes évitent de se déplacer en centre-ville pour ne pas être enrôlés de force. D'autres font le choix de quitter le pays illégalement, parfois au péril de leur vie. L'Union européenne, qui accueille des millions de réfugiés ukrainiens depuis 2022, a proposé fin juin d'exclure de la protection qui leur est accordée les hommes en âge de combattre qui déposeront une première demande, afin de les inciter à retourner en Ukraine.