Alors que 50'000 hectares ont déjà brûlé depuis l'aube de 2026, en Espagne, une brigade aussi efficace qu'attendrissante tente de lutter contre les feux de forêt. Les pompiers en question se prénomment Vivaldì, Roberto, Paloma ou encore Rosita, vivent dans la municipalité de Tivissa, à 130 kilomètres de Barcelone et... ne sont autres que des ânes.
Ainsi que le révèle CNN, l'organisation non-lucrative Tivissa Donkeys Firefighters est parvenue à donner un sens flamboyant à l'expression «d'une pierre deux coups»: en sauvant des ânes maltraités ou abandonnés, l'équipe leur offre la mission de brouter activement toutes les herbes sèches les plus inflammables de la région, afin d'endiguer la progression des incendies qui ravagent le pays. Très actifs dans la campagne et les montagnes environnantes, les 62 ânes voraces créent ainsi des «barrières anti-feu», capables de barrer la route aux flammes.
«Ils ont tout mangé»
Débutée en 2020, la brigade de Joan Cedó Sans parcourt la région de manière stratégique, sillonnant les territoires les plus susceptibles de laisser progresser les feux de forêt.
Traumatisé par les incendies ayant dévasté sa propriété catalane en 2013, le fondateur a spontanément tenté l'expérience avec ses premiers petits rescapés, dont Roberto et Paloma, leur proposant de s'attaquer aux brousses les plus dangereuses: «Les ânes ont immédiatement tout mangé, raconte-t-il auprès de CNN. En plus, c'est très gratifiant. On est dehors, dans la nature, et on offre une seconde chance à ces animaux.»
Pour Joan Cedó, la mission attribuée à ses protégés à sabots permet à la fois de protéger sa région, tout en leur offrant «une vie digne de ce nom». A noter qu'il est possible de sponsoriser chacun de ces petits héros, ce qui permet également de soutenir financièrement leur refuge.
Le piétinement des ânes sauve le terrain
Mais pourquoi des ânes? D'autres animaux, dont les moutons, ne sont-ils pas plus efficaces lorsqu'il s'agit de débroussailler un terrain? En Californie, par exemple, les violents feux de forêt sont notamment combattus grâce à l'appétit débordant des chèvres, invitées dans de nombreuses localités.
«Le travail accompli par les ânes ne peut être réalisé par les chèvres, ni par les moutons, insiste Joan Cedó. Ils sont plus lourds, mangent davantage et piétinent le sol avec davantage de force, brisant la couche compacte de feuillage sec qui permet à un incendie de se propager.»
En Espagne, d'autres projets de ce type existent déjà aux quatre coins du pays: dans le Sud, «El Burrito Feliz» (le petit âne content) permet également à des ânes sauvés de brouter le feuillage sec, tandis que la Galice préfère l'action similaire des chevaux sauvages, considérés comme «des tondeuses à gazon naturelles».