L'épidémie d'Ebola a franchi désormais le seuil des 5000 cas confirmés en République démocratique du Congo (RDC). Le nombre de morts s'approche de 2400, selon les chiffres congolais relayés mercredi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève.
Selon ces données qui portent jusqu'à dimanche dernier, 5021 cas confirmés ont été observés en RDC. Et 270 sont suspects. Le taux de mortalité atteint 47% et plus de 1060 personnes ont guéri du virus.
Mardi soir à Genève, le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus avait lui annoncé sans surprise que l'épidémie était toujours une urgence de portée internationale. Il a suivi les recommandations du Comité d'urgence de l'organisation, constitué d'experts indépendants.
L'OMS estime toujours possible d'inverser la progression de l'épidémie dans les trois prochains mois, à condition que les ressources requises puissent être utilisées. Mais celle-ci «est loin d'être maîtrisée», avait répété Tedros Adhanom Ghebreyesus au début de la réunion du Comité d'urgence. Cette épidémie d'Ebola est déjà la plus meurtrière jamais observée en RDC, davantage notamment que celle qui avait démarré en 2018 et duré jusqu'en 2020. Aucun vaccin n'existe pour la souche qui frappe le pays actuellement.
Violences presque quotidiennes
Des tests cliniques sont menés en RDC pour évaluer l'efficacité de deux antiviraux auprès de cas contacts. Ceux-ci pourraient aboutir à des «avancées importantes», avait affirmé récemment Tedros Adhanom Ghebreyesus. Au total, Ebola est actuellement présent dans six provinces de l'Est du pays. L'Ituri est la plus affectée.
Des pays ont décidé de restrictions contre leurs ressortissants qui rentrent de RDC ou des individus qui se sont rendus dans ce pays. L'OMS a toujours répété que des interdictions de déplacements ne se justifiaient que pour les cas positifs ou contacts.
Des centaines de lits supplémentaires ont été établis récemment pour la prise en charge des patients. Des tensions presque quotidiennes sont aussi observées dans les communautés contre les travailleurs de santé. Une ambulance a encore été attaquée lundi dans la région de Bunia, avait aussi ajouté mardi un responsable de l'OMS depuis l'Est du pays.