Le Conseil international des infirmières (CII), la plus importante organisation représentant la profession, a appelé vendredi les autorités congolaises à rémunérer et à protéger d'urgence les soignants engagés dans la riposte contre Ebola en RDC. La République démocratique du Congo a déclaré le 15 mai une 17e épidémie d'Ebola. Trois mois plus tard, la riposte sanitaire peine encore à rattraper le virus, les structures de santé du pays parmi les plus pauvres au monde souffrant d'un manque général de moyens.
«On ne peut pas lutter contre Ebola si l'on ne rémunère pas ceux qui mènent ce combat», a déclaré dans un communiqué Howard Catton, qui dirige le CII, une fédération de plus de 140 associations nationales représentant les plus de 30 millions d'infirmières et d'infirmiers du monde entier.
«Les infirmières et infirmiers risquent leur vie pour protéger leurs communautés, souvent au prix de grands risques personnels, et pourtant, plusieurs mois après le début de cette crise, beaucoup attendent toujours d'être payés», a-t-il ajouté.
Le CII, fondé en 1899 et basé à Genève, a adressé un courrier au ministre de la Santé de la RDC, Roger Kamba, afin de demander des mesures immédiates pour rémunérer et protéger les infirmières et les autres professionnels de santé engagés dans la riposte à l'épidémie d'Ebola, dont l'ampleur continue de croître.
«Un leadership politique urgent»
Selon le CII, les infirmières et les professionnels de santé en première ligne indiquent ne pas avoir été payés depuis deux à trois mois. «Cette situation nécessite un leadership politique urgent et une intervention directe. Nos appels sont clairs: versez aux professionnels de santé ce qui leur est dû, garantissez qu'ils seront payés régulièrement à partir de maintenant, et offrez-leur la protection dont ils ont besoin pour faire leur travail», a lancé Howard Catton.
Au-delà du versement immédiat de tous les salaires et des indemnités de risque impayés, le CII demande aux autorités de «garantir des paiements réguliers à l'avenir, ainsi que la fourniture d'EPI (équipement de protection individuel NDLR) adéquats, d'une assurance, d'indemnités et d'autres protections essentielles».
La flambée d'Ebola la plus meurtrière connue par le pays avait fait près de 2300 morts pour 3500 malades recensés entre 2018 et 2020. L'épidémie actuelle a fait plus de 2128 morts sur 4566 cas confirmés, seulement trois mois après sa déclaration, selon le dernier bilan publié par les autorités congolaises. Aucun vaccin ni traitement spécifique n'est pour l'instant disponible pour le variant Bundibugyo en cause dans l'épidémie actuelle.