Les autorités rebelles du Tigré accusent le gouvernement fédéral éthiopien d'avoir mené mardi une frappe de drone près de Mekelle, capitale de cet Etat régional du nord de l'Ethiopie, dans un climat déjà tendu qui fait craindre un nouveau conflit.
Les autorités d'Addis Abeba «ont mené une frappe de drone aujourd'hui (...) vers 10h30, dans le village de Dandera», à une quinzaine de kilomètres de Mekelle, a écrit sur Facebook Kelali Hagazi, membre du comité central du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Il précise qu'il n'y a eu ni blessé ni dégât recensés. Kelali Hagazi a assuré que le drone avait visé un «centre de formation d'agriculteurs», sans plus de précisions.
Selon un prêtre originaire de la localité et qui a requis l'anonymat, un combattant des forces tigréennes a été tué dans cette attaque. «J'ai aussi entendu dire que deux autres avaient été blessés», a-t-il déclaré. Contactée par l'AFP, l'armée fédérale éthiopienne n'a pas répondu dans l'immédiat.
Risque d'une nouvelle guerre
Depuis plusieurs mois, des forces fédérales et tigréennes sont massées de chaque côté de la frontière du Tigré, Etat régional le plus septentrional de l'Ethiopie, sur fond de tensions croissantes entre le gouvernement fédérales et les autorités tigréennes qui se sont affrontés entre 2020 et 2022 et s'accusent mutuellement de vouloir déclencher un nouveau conflit.
L'animosité entre le TPLF et Abiy Ahmed a débouché sur une guerre destructrice entre 2020 et 2022, laquelle a fait au moins 600'000 morts. Un accord de paix signé à Pretoria avait mis fin aux combats et assuré un calme précaire jusqu'à de nouveaux affrontements, fin 2025, puis en janvier dernier, entre l'armée fédérale et des troupes tigréennes.