Scène de chaos en Côte d'Ivoire
Un homme inculpé pour avoir fait détruire un quartier d'Abidjan au bulldozer

Un homme de 76 ans a été inculpé à Abidjan pour avoir démoli une partie du quartier Koumassi Campement avec un faux document judiciaire. Un acte laissant des milliers de personnes sans abris.
L'homme inculpé est entre autres poursuivi pour destruction volontaire d'immeuble.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Un particulier accusé d'avoir fait démolir plusieurs hectares d'un quartier d'Abidjan, sur la base d'un faux document de justice, a été inculpé notamment pour «troubles à l'ordre public», a annoncé lundi le procureur de la République.

L'affaire fait polémique en Côte d'Ivoire depuis le 3 juin, date à laquelle une partie du quartier de Koumassi Campement a été détruite par des bulldozers. Une scène classique à Abidjan où des opérations de démolition au nom de la lutte contre l'insalubrité sont menées depuis plusieurs années, appelées «déguerpissements».

Un homme arrêté mi-juin

Sauf que cette fois la destruction est revendiquée par un individu, Jacques Alloui Brou, qui a assuré quelques jours plus tard dans une vidéo être dans son bon droit, décision de justice à l'appui. Or, le procureur d'Abidjan avait affirmé que cette décision «n'autorise aucune démolition de constructions». Une enquête avait été ouverte et un homme de 76 ans a été arrêté mi-juin.

L'accusé «a été déféré, ce lundi 29 juin 2026, à la section antiterroriste du tribunal de Première instance d'Abidjan», a indiqué le procureur, Oumar Braman Koné, dans un communiqué. «Une information judiciaire avec mandat de dépôt a été ouverte contre lui pour les faits de troubles à l'ordre public, publication de nouvelles fausses de nature à porter une atteinte au moral de la population ou à jeter le discrédit sur les institutions», a-t-il ajouté.

L'homme inculpé est également poursuivi pour «destruction volontaire d'immeuble» et «dégât volontaire à la propriété immobilière d'autrui», des faits punis par le Code pénal, a-t-il poursuivi. Plusieurs milliers de personnes ont perdu leurs toits dans le quartier de Koumassi Campement, et n'ont pas de solution de relogement.

Depuis le début de la polémique, beaucoup d'Ivoiriens s'interrogent toutefois sur la capacité d'un seul individu à mobiliser de tels moyens, avec le concours de la force publique, pour raser un quartier sans l'aval des autorités. La Haute autorité pour la bonne gouvernance (HABG), organisme étatique, avait appelé à des vérifications visant notamment «à clarifier la chaîne de décision ayant conduit à l'intervention matérielle sur le site».

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