«Où est le chef?»
Un sénateur colombien visé par des tirs à moins de deux semaines de la présidentielle

Le sénateur colombien Alexander López a affirmé que convoi avait été pris pour cible par des tirs à moins de deux semaines de la présidentielle. Alerté pour sa sécurité, il ne voyageait pas dans son véhicule habituel mais dans une autre voiture située en avant.
«Ils ont ouvert le feu, (mon) véhicule a été ciblé par des tirs, ils l'ont arrêté et son montés dedans», a relaté Alexander Lopez.
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AFP Agence France-Presse

Le sénateur colombien Alexander Lopez a rapporté mardi que son convoi avait été visé par des tirs, à moins de deux semaines de l'élection présidentielle dans le pays en proie aux violences politiques. En raison d'alertes relatives à sa sécurité, l'élu ne se déplaçait toutefois pas à bord de son véhicule habituel mais d'une autre voiture, un peu plus à l'avant.

«Ils ont ouvert le feu, (mon) véhicule a été ciblé par des tirs, ils l'ont arrêté et son montés dedans», a relaté Alexander Lopez à la chaîne Caracol. «Ils ont demandé au chauffeur, 'Où est le chef?'», a-t-il raconté, ajoutant qu'ils avaient ensuite détourné la voiture et retenu l'un de ses gardes du corps pendant cinq minutes.

Le sénateur circulait de Popayan vers Cali, dans le Cauca (sud-ouest), après avoir assisté à un meeting d'Ivan Cepeda, héritier politique du président de gauche Gustavo Petro et favori pour le scrutin du 31 mai. Selon le président Petro, qui a condamné l'attaque, celle-ci est le fait de la guérilla de l'Etat-major central (EMC), une dissidence des ex-FARC qui a rejeté l'accord de paix de 2016. Le Cauca est l'un de ses bastions.

«Le véhicule blindé du sénateur Alexander Lopez a été criblé de balles par le groupe de narcotrafiquants mené par Ivan Mordisco et Marlon», a écrit sur X Gustavo Petro, dénonçant l'ennemi public numéro 1 du pays et l'un de ses plus redoutables hommes de main. Le véhicule d'un maire de la région a également «été attaqué», selon lui.

Résurgence des violences

Fin avril, un attentat à la bombe perpétré par une guérilla avait tué 21 civils à seulement «un kilomètre» de là, a dit Gustavo Petro. Ces violences, qui se multiplient en amont du scrutin du 31 mai, rappellent les heures sombres des années 1980 et 1990, quand les barons de la drogue tels que Pablo Escobar faisaient la loi. Cinq candidats à la présidence avaient été abattus à cette époque.

En février dernier, dans la même région du Cauca, la sénatrice indigène Aida Quilcué avait été interceptée par des hommes armés et séquestrée pendant quelques heures. Les faits de mardi surviennent également près d'un an après l'attentat contre le sénateur Miguel Uribe, alors prétendant à la présidence, lors d'un meeting à Bogota. Blessé par balles à la tête le 7 juin 2025, il est décédé deux mois plus tard.

Quelques heures auparavant mardi, la police avait fait état de six morts dans l'attaque d'un convoi sous escorte officielle dans la région du Catatumbo (nord-est) où opèrent les guérillas près de la frontière avec le Venezuela. Au pouvoir depuis 2022, Gustavo Petro n'a jamais réussi à concrétiser sa politique de la «paix totale» avec les groupes armés, dont l'activité s'est même renforcée ces dernières années.

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