Comprendre avant de juger
Collision à LaGuardia: l'enquête appelle à ne pas blâmer les contrôleurs aériens

L'enquête sur la collision mortelle à l'aéroport LaGuardia appelle à éviter de blâmer les contrôleurs aériens. Jennifer Homendy, responsable de l'enquête, a insisté sur la nécessité de comprendre les faits avant de porter des accusations.
L’enquête sur la collision à LaGuardia met en lumière la nécessité d’éviter de pointer les contrôleurs aériens.
Photo: IMAGO/ZUMA Press Wire
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AFP Agence France-Presse

Jennifer Homendy, qui dirige l'agence américaine enquêtant sur la collision mortelle entre un avion et un camion à l'aéroport LaGuardia de New York, a appelé mardi à ne pas «pointer du doigt» les contrôleurs aériens.

Dimanche vers 23H40 locales, un avion de la compagnie Jazz Aviation opérant pour Air Canada a percuté un véhicule de secours et de lutte contre les incendies qui se dirigeait vers un autre avion ayant interrompu son décollage et signalant une odeur suspecte. Le pilote et le copilote sont morts dans l'accident. D'après un communiqué d'Air Canada, six des 72 passagers et quatre membres d'équipage restaient hospitalisés mardi.

«Beaucoup de choses ont mal tourné»

Selon un enregistrement audio des contrôleurs aériens, le camion a d'abord été autorisé à traverser la piste mais ne s'est pas arrêté alors qu'un aiguilleur du ciel répétait «stop» à une dizaine de reprises. Des médias américains se demandent si l'incident préalable dans l'autre avion a distrait les contrôleurs. Mais lors d'une conférence de presse, la présidente de l'Agence américaine de sécurité des transports (NTSB) a mis «en garde contre le fait de pointer du doigt» ces derniers et «d'affirmer que leur distraction a joué un rôle».

Les enquêteurs rencontrent «rarement, voire jamais» des cas d'"accident majeur lors duquel il n'y a qu'une seule défaillance», a ajouté Jennifer Homendy. Le système aérien américain comportant «de multiples couches de défense conçues pour prévenir les accidents», «quand quelque chose se passe mal, cela signifie que beaucoup, beaucoup de choses ont mal tourné», a-t-elle souligné.

Un dispositif de surveillance radar des mouvements sur les pistes n'a ainsi pas émis d'alerte, le camion n'étant pas équipé d'un transpondeur. Selon Jennifer Homendy, deux contrôleurs étaient en poste au moment de la collision, effectuant le travail réalisé par quatre personnes en journée. La répartition des tâches entre eux n'est toutefois «pas claire».

Cette pratique est «courante» de nuit, quand le trafic est réduit, a-t-elle précisé. Son agence a toutefois alerté, par le passé, sur les risques liés à la fatigue. Les contrôleurs aériens, ainsi que les deux pompiers présents dans le camion, hospitalisés après l'accident, doivent être entendus.

Boîtes noires analysées

Les enquêteurs, qui ont récupéré les boîtes noires de l'appareil, étudient plus de 25 heures d'enregistrements dans le poste de pilotage et 80 heures de données de vol, a indiqué le directeur d'enquête Doug Brazy. Il a indiqué que les trois dernières minutes enregistrées dans le cockpit comprenaient le moment où le copilote transfère les commandes au commandant de bord six secondes avant la fin de l'enregistrement.

Doug Brazy a précisé que le contrôle aérien avait autorisé le camion de pompiers à traverser la piste 20 secondes avant la collision alors que l'avion était seulement à une trentaine de mètres du sol. Onze secondes après avoir donné l'autorisation de traverser la piste, la tour de contrôle a demandé au camion de s'arrêter. Mais il était trop tard. Une seconde après l'ordre donné au camion de s'arrêter, l'avion se pose sur la piste. Il roule sur le tarmac durant sept secondes avant de percuter le camion. LaGuardia est le troisième aéroport desservant New York, avec 32,8 millions de passagers en 2025, selon les chiffres de l'autorité portuaire.


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