Des milliers de manifestants défilaient lundi à La Paz pour exiger la démission du président de centre droit Rodrigo Paz. En réponse, il a annoncé une réduction de moitié de son salaire et de celui des ministres dans une tentative d'apaiser la mobilisation sociale.
Le président Rodrigo Paz fait face au plus important mouvement de contestation de son court mandat, entamé en novembre. Le pays traverse sa plus grave crise économique depuis quatre décennies.
«Que voulons-nous? Sa démission! Quand? Maintenant!», scandait la foule au milieu de détonations de pétards. La manifestation dans la capitale administrative avançait sans incident dans l'immédiat, contrairement à la semaine dernière. La place Murillo, où se trouve le palais présidentiel, était sécurisée par des centaines de policiers antiémeutes.
Une cinquantaine de barrages routiers
Les manifestants rejettent la politique économique du gouvernement, réclament des hausses de salaires et accusent les autorités d'avoir distribué une essence de mauvaise qualité qui aurait endommagé des milliers de véhicules.
Les protestations ont commencé début mai, après un appel à la grève de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), principal syndicat du pays. La Bolivie comptait lundi près d'une cinquantaine de barrages routiers, selon les autorités. Les blocages ont provoqué des pénuries de nourriture, de médicaments et d'essence à La Paz, El Alto, ainsi qu'à Oruro (ouest), Potosi (sud-ouest) et Cochabamba (centre) notamment.
Lors d'un discours prononcé à Sucre (sud), capitale historique du pays, Rodrigo Paz a annoncé lundi une réduction de 50% de son salaire et de celui de ses ministres, un geste présenté comme une contribution de son gouvernement à «l'effort» national.
Tolérance zéro envers la violence
Le président bolivien gagne environ 24'000 bolivianos par mois (environ 3400 dollars), selon un décret adopté en 2024. Les ministres perçoivent des rémunérations inférieures. Appelant au dialogue, il a cependant de nouveau exclu toute négociation avec des manifestants radicaux ayant recours à la violence. «Une minorité ne peut pas gouverner», a-t-il averti.
Promettant de rompre avec vingt années de politiques de gauche menées par ses prédécesseurs Evo Morales et Luis Arce, Rodrigo Paz s'est rapproché des Etats-Unis, des institutions financières internationales et du patronat, tout en prenant ses distances avec les syndicats.