Qu'il s'agisse du loyer, des primes d'assurance maladie ou des courses, le coût de la vie ne cesse d'augmenter. Et les dépenses consacrées au temps libre ne font pas exception. L'indice des prix des loisirs du comparateur Comparis permet de mesurer cette évolution dans les secteurs des loisirs, de la culture, de l'hôtellerie-restauration et des voyages.
Les derniers chiffres mettent en évidence une envolée particulièrement marquée dans le transport aérien. Ceux qui achètent aujourd'hui un billet d'avion doivent débourser en moyenne 68% de plus qu'il y a cinq ans. Sur la même période, l'inflation cumulée n'a atteint que 7%. Autrement dit, le prix des billets d'avion a augmenté près de dix fois plus vite que le niveau général des prix.
Tous les loisirs ne connaissent toutefois pas une telle flambée. En Suisse, les prix de l'hôtellerie ont progressé de 13,6% en cinq ans. Les billets de remontées mécaniques et de ski, qui suscitent régulièrement des débats, ont quant à eux augmenté de 9,4% depuis 2021. Les entrées dans les installations sportives, comme les piscines, ont connu une hausse bien plus limitée, de 3,8%.
Certains hébergements échappent même à cette tendance. Dans le secteur parahôtelier, les prix ont reculé de 2,8% en moyenne depuis cinq ans. Les campings, les Airbnb et les auberges de jeunesse coûtent ainsi aujourd'hui moins cher qu'en 2021.
Et cela ne va pas aller en s'arrangeant
Les voyageurs aériens ne devraient pas voir leurs dépenses diminuer de sitôt. Michael Kuhn, expert financier chez Comparis, s'attend au contraire à une nouvelle hausse des prix au cours des douze prochains mois. «Prendre l'avion va sans doute coûter encore plus cher au cours des 12 prochains mois», prévoit-il.
La hausse devrait être particulièrement marquée en classe affaires. «L'offre reste limitée, la concurrence est moindre et la clientèle est moins sensible aux variations de prix. Parallèlement, la disposition à payer est plus élevée», explique Michael Kuhn.
Plusieurs facteurs tirent les prix vers le haut, selon l'expert: le coût du carburant, les dépenses de personnel et de maintenance, mais aussi les retards dans la livraison de nouveaux avions. Un phénomène qui touche particulièrement les vols long-courriers. Sur les liaisons jugées non rentables, les compagnies aériennes réduiraient par ailleurs volontairement leurs capacités, contribuant ainsi à restreindre encore davantage l'offre.
Des compagnies forcées de baisser les prix
Les voyageurs peuvent toutefois espérer quelques bonnes affaires cet été, notamment en réservant à la dernière minute. Les prix de certains vols pour les vacances estivales ont fortement baissé récemment. Sur certaines liaisons, les billets ont même été proposés jusqu'à 71% moins cher que l'an dernier.
Cette baisse ponctuelle s'explique notamment par une demande en recul, sur fond d'incertitude liée à la guerre en Iran. De nombreux voyageurs hésitent à réserver, poussant les compagnies aériennes à casser leurs prix et à proposer des rabais exceptionnels. Une tendance qui ne devrait toutefois pas inverser la dynamique de fond: à long terme, le nombre de voyages en avion continue d'augmenter fortement.