Les Etats-Unis ont annoncé jeudi dégager 80 millions de dollars supplémentaires pour aider à lutter contre la nouvelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Cette annonce survient alors que le gouvernement américain a été critiqué notamment par l'opposition démocrate mais aussi des ONG sur sa réponse à la crise, accusé de faire cavalier seul après le retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et sur fond du démantèlement de l'agence américaine pour le développement (USAID).
Avec ce nouvel apport financier, l'aide américaine se chiffre à quelque 112 millions de dollars depuis que l'épidémie a éclaté, a indiqué le département d'Etat dans un communiqué, qui souligne que le but est de «protéger la population américaine et d'empêcher toute nouvelle propagation à l'échelle internationale».
«Ces nouvelles ressources permettront aux partenaires chargés de la mise en oeuvre d'intensifier les activités d'intervention essentielles suivantes: l'achat et la distribution d'équipements de protection, le dépistage et la surveillance aux frontières, la recherche des contacts et la fourniture de matériel de diagnostic», ajoute le texte.
1000 cas suspects dont 223 décès
Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio avait déclaré que les Etats-Unis ne laisseraient aucun cas d'Ebola entrer sur leur territoire. Les Etats-Unis veulent ouvrir au Kenya un centre de quarantaine pour les cas suspects ou avérés d'Ebola, essentiellement des Américains. Ce centre est conçu «pour permettre aux Américains qui devraient quitter rapidement la RDC et être mis en quarantaine de bénéficier de soins de haute qualité, sans avoir à subir les risques liés à un long voyage de retour vers les Etats-Unis», a affirmé un responsable américain sous couvert d'anonymat.
Les Etats-Unis ont par ailleurs promis 50 millions de dollars pour la mise en place de cliniques dans les zones affectées. Provoquée par le variant Bundibugyo du virus, pour lequel il n'existe ni traitement spécifique ni vaccin, l'épidémie a été déclarée le 15 mai en Ituri, province du nord-est de la RDC.
Des cas ont depuis été enregistrés dans deux autres provinces de RDC (Nord et Sud-Kivu) ainsi qu'en Ouganda, pays voisin. Plus de 1000 cas suspects – dont 223 décès – ont été enregistrés jusqu'ici par l'OMS, qui a déclenché une alerte sanitaire internationale, mais l'ampleur réelle de l'épidémie n'est pas encore connue.