Keiko Fujimori a été officiellement déclaré vendredi présidente élue du Pérou par la plus haute autorité électorale, quelques jours après la conclusion d'un dépouillement serré. Cette déclaration formelle met fin à l'incertitude autour de ce scrutin parmi les plus serrés d'Amérique latine, la candidate de droite l'emportant de moins de 50’000 voix, sur plus de 18 millions de votants, face à son rival de gauche Roberto Sánchez qui n'a pas reconnu sa défaite. Ce dernier a annoncé mercredi avoir déposé un recours devant la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH).
Le Jury national des élections (JNE), la plus haute instance électorale du Pérou, avait déjà rejeté une demande de Roberto Sánchez visant à annuler les votes de l'étranger, jugeant ses arguments non fondés. «Je proclame Mlle Keiko Sofia Fujimori Higuchi présidente de la République, et Luis Fernando Galarreta Velarde premier vice-président de la République», a déclaré le président du JNE Roberto Burneo lors d'une cérémonie à Lima.
Félicités par les conservateurs
Fille du défunt ex-président Alberto Fujimori (1990-2000), la présidente élue conservatrice a remercié les Péruviens pour leur soutien dans un message publié sur X: «Un nouveau chapitre commence. Nous l'abordons avec responsabilité, humilité et un profond sens du devoir.» Âgée de 51 ans, elle accède à la plus haute responsabilité après trois échecs consécutifs et succédera au président par intérim José Maria Balcazar le 28 juillet. Son mandat court jusqu'en 2031. Dans un pays à l'instabilité politique chronique, elle devient le neuvième président du pays depuis 2016.
Plusieurs dirigeants conservateurs ont félicité Keiko Fujimori pour sa victoire, parmi lesquels Javier Milei en Argentine, José Antonio Kast au Chili et le président élu de Colombie Abelardo de la Espriella. «L'administration Trump se réjouit à la perspective de renforcer la collaboration avec l'administration Fujimori afin de faire progresser la coopération en matière de sécurité et de consolider la coopération bilatérale en matière d'investissement et de commerce dans notre région», a déclaré mardi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio.
Sa victoire marque le retour du fujimorisme au pouvoir, plus de deux décennies après la chute de son père dont l'héritage divise profondément les Péruviens. Alberto Fujimori est parvenu à mater les guérillas du Sentier Lumineux et du Mouvement Révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA) qui sévissaient dans les années 1980-1990, en plus de stabiliser l'économie. Mais il prit aussi le contrôle des institutions en 1992 pour se faire réélire, et a été condamné pour corruption et crimes contre l'humanité.