Dans le canton de Zurich, l'immobilier crée beaucoup d'angoisses: 84% des locataires craignent de perdre leur logement, selon un sondage réalisé en mai par l'institut Sotomo. Chez les locataires zurichois de plus de 55 ans, ce chiffre s'élève même à 91%.
Ces peurs sont légitimes: plusieurs rapports indiquent que les résiliations de bail pour un logement vide sont plus fréquentes dans la région de Zurich que dans les autres agglomérations suisses.
En juillet 2022, huit locataires d'un ancien immeuble du quartier zurichois de Seebach, près d'Oerlikon, en ont fait les frais. La lettre de résiliation de bail invoquait des travaux de rénovation ainsi qu'une surélévation de l'immeuble d'un étage supplémentaire. Jusque-là, rien de vraiment exceptionnel.
Aujourd'hui, quatre ans plus tard, les appartements de la Katzenbachstrasse ne sont pas rénovés, mais ils sont loin d'être vides: ils sont disponibles en location sur des plateformes de réservation en ligne, telles que Booking ou Airbnb. Et cela, à un prix exorbitant – au grand dam d'une ancienne locataire, comme le rapportent le compte Instagram local i_love_oerlikon et 20 Minuten.
«Une pratique qui se répète»
Selon un document partagé, la locataire de 37 ans payait 1490 francs par mois pour son appartement de 3,5 pièces avant de recevoir sa lettre de congé. Un bref coup d'œil sur les plateformes de réservation d'hébergements concernées, qui fonctionnent sur la base d'un modèle de prix dynamique, le montre: pour le même appartement, le bailleur demande jusqu'à 452 francs par nuit. Et si l'on souhaite louer l'appartement pour tout le mois de juillet, le prix s'élève à 8415 francs. Soit une augmentation de plus de 400%!
«La manière de procéder des bailleurs est un gâchis», dénonce auprès de Blick Walter Angst, porte-parole de l'association zurichoise des locataires. Mais le cas de Seebach n'est malheureusement pas isolé: «La pratique qui consiste à toucher le gros lot en proposant des locations de courte durée nettement plus chères après une résiliation de bail est répandue», affirme Walter Angst. «Même des régies renommées comme Livit agissent de la sorte.»
Mais le fait que quatre années entières se soient écoulées est plutôt atypique, «même s'il arrive régulièrement que des 'requins' fassent fortune». Ces personnes mettent leur professionnalisme de côté, profitant du désespoir de certains locataires qui cherchent impérativement à se loger, conclut Walter Angst.
La régie actuelle défend le projet
La régie actuelle, Dinvest AG, explique à 20 Minuten que les travaux de construction prévus devraient commencer en 2027. Des contrats de location à durée déterminée seraient encore en cours jusqu'à fin janvier 2027. Ce n'est qu'après leur expiration que les travaux de construction pourront être lancés.
Dinvest AG n'en dit pas plus. En revanche, elle ne tarit pas d'éloges sur le nouveau projet prévu. Selon elle, il s'agit d'une contribution importante au développement du site et à la création de nouveaux logements.