Leurs intérêts seront protégés
Genève: un accord se dessine pour les locataires expulsés de Carl Vogt

Lépopée des numéros 35 à 43 du boulevard Carl Vogt, voués à de larges travaux de rénovation, pourrait se solder par un accord. Le propriétaire et l'ASLOCA examinent désormais le relogement, la réintégration et le bail des locataires.
«Les locataires ne doivent pas faire les frais du dynamisme de notre canton», estime Nicolas Walder, conseiller d'Etat écologiste.
Photo: Keystone
Ellen De Meester - Journaliste Blick
Ellen De MeesterJournaliste Blick

Après la crainte et la colère, l'atmosphère semble s'apaiser un peu, du côté du boulevard Carl Vogt, à Genève. D'après un communiqué diffusé lundi par le Département du territoire (DT), un accord semble enfin se dessiner entre la caisse de pension bâloise PKBS et l'ASLOCA. 

Pour rappel, les locataires des numéros 35 à 43 avaient appris, en janvier 2026, que le groupe d'immeubles était voué à d'«importants travaux de rénovation», justifiant des expulsions échelonnées dans le temps. La régie Naef, ainsi que PKBS, le proprétaire, s'étaient vus submergés de virulentes critiques. 

Après des promesses formulées ce printemps, la caisse de pension et l'ASLOCA se sont désormais entendues sur «des lignes directrices» permettant de mener les travaux à bien, tout en préservant les intérêts des locataires. En d'autres termes, un groupe de travail vient d'être créé, pour discuter du relogement des personnes expulsées, de leur réintégration après les travaux, ainsi que les conditions de bail et les loyers. En effet, lorsque les baux ne sont pas carrément résiliés, les loyers augmentent souvent drastiquement après ce type de travaux, plaçant les locataires démunis dans des postures difficiles, voire impossibles. 

L'octroi des autorisations de construire sera durci

Le conseiller d'Etat Nicolas Walder (Les Vert-e-s/GE), en charge du DT, estime que «la posture ouverte et constructive» des deux parties «devrait permettre de trouver des solutions concrètes pour les locataires en place.» 

Le canton souligne, en outre, que ce futur accord serait un moyen de prouver que les «rénovations énergétiques, patrimoniales ou sécuritaires» n'empêchent pas la préservation des intérêts des locataires: «Ces derniers ne doivent pas être la variable d’ajustement des ambitions énergétiques ni faire les frais du dynamisme de notre canton», ajoute Nicolas Walder, toujours dans le communiqué du DT. 

A la lumière des événements liés à cette affaire, Genève affirme son intention de durcir les conditions d'octroi des autorisations de construire pour démolitions ou rénovations. A l'avenir, le DT exigera donc un plan «précis et complet», afin de mieux protéger les locataires, «sous peine de se voir refuser l'autorisation».

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