Un cauchemar logistique
Une famille doit emmener ses trois enfants dans trois écoles différentes

Trois enfants, trois écoles: une famille de Winterthour a décidé de se battre contre l'affectation de ses enfants à une école… avant d'échouer au Tribunal fédéral.
Envoyer trois enfants dans trois écoles différentes représente un énorme effort logistique pour les parents. (Image symbolique)
Photo: Peter Schneider/Keystone
andrea_haefely_1.jpg
Andrea M. Haefely
Beobachter

Les matins d'école avec de jeunes enfants ne sont pas de tout repos. Il faut d'abord réussir à réveiller tout le monde, survivre au petit-déjeuner sans trop d'incidents, préparer les encas et s'assurer que chaque boîte atterrit dans les bonnes mains. Sans oublier le brossage de dents et l'interception du petit malin qui voulait aller à l'école en pyjama. Une fois la porte franchie, il faut encore espérer arriver à l'heure. Et le défi recommence l'après-midi pour récupérer la troupe selon les agendas de chacun.

Une famille de Winterthour en a fait les frais. Les parents doivent déposer leurs trois enfants – âgés de six, neuf et onze ans – dans trois établissements scolaires différents.

Un article du «Beobachter»

Cet article est tiré du «Beobachter». Le magazine sans œillères qui vous aide à économiser du temps, de l'argent et des nerfs.

Cet article est tiré du «Beobachter». Le magazine sans œillères qui vous aide à économiser du temps, de l'argent et des nerfs.

Le tribunal administratif est resté ferme

L'aîné de la fratrie est scolarisé dans une école d'enseignement spécialisé. Mais le casse-tête a pris une autre ampleur le 16 mai 2025. Ce jour-là, le Département des sports et des écoles de la ville de Winterthour a informé les parents que leurs deux plus jeunes enfants étaient affectés à deux écoles distinctes.

Les parents ont déposé un recours et ont demandé que les deux soient affectés au même établissement scolaire. Sans succès. La famille a alors porté l'affaire devant le Tribunal administratif, arguant que cette répartition dépassait leurs capacités d'organisation. Elle constitue donc une atteinte disproportionnée à leur droit à la vie familiale, une inégalité de traitement et une application arbitraire du droit cantonal. Le tribunal est resté ferme.

Pas d'écoute à Lausanne

En dernier recours, les parents se sont tournés vers le Tribunal fédéral à Lausanne. Là non plus, ils n'ont pas obtenu gain de cause. Dans leur arrêt du 2 avril 2026, les juges compétents ont statué: le droit à l'enseignement primaire gratuit s'applique au lieu de domicile. Or, selon le droit en vigueur, il n'est pas possible de choisir librement l'école ou la classe au lieu de résidence. En outre, accepter la demande des parents violerait le principe de l'égalité de traitement.

Pour ces parents, le verdict est sans appel: le cauchemar logistique va se poursuivre.

Articles les plus lus