Le Forum économique mondial de Davos (GR) accueille cette année plus de chefs d'Etat, de VIP et d'invités de marque que jamais. Des cultures très diverses s'y croisent – et le froid est bien présent. Foulards, bonnets, écharpes et cols relevés font partie intégrante du décor davosien.
Lorsque le visage est entièrement couvert, la police est en principe tenue d'intervenir. L'interdiction de se dissimuler le visage est en vigueur dans le pays depuis un an. Toute personne qui cache son visage dans l'espace public s'expose à une amende de 100 francs. Cette disposition découle de l'initiative sur la burqa, acceptée par le peuple suisse en 2021.
Exceptions diplomatiques
Dans quelle mesure cette interdiction sera-t-elle réellement appliquée de manière rigoureuse lors du WEF? Lors d'une conférence de presse consacrée au dispositif de sécurité, vendredi dernier, le chef de la sécurité Walter Schlegel a laissé planer une certaine incertitude. Un journaliste a posé la question: «L'interdiction de se dissimuler le visage est-elle respectée? Existe-t-il une obligation de ne pas se voiler le visage?»
Walter Schlegel a admis ne pas connaître la règle dans tous ses détails. «En principe, l'interdiction s'applique dans le sens où l'on ne peut pas se rendre méconnaissable», a-t-il déclaré. Pour les bonnets de ski et les écharpes, une application proportionnée est toutefois prévue. Cela vaut vraisemblablement aussi pour les quelque 600 manifestants anti-WEF qui ont bloqué dimanche la route menant à Davos.
Qu'en est-il lorsque le visage est couvert pour des motifs religieux, par exemple par une burqa ou un niqab? Pour la majorité des participants, la règle est claire: en principe, l'interdiction doit être respectée. La situation diffère toutefois pour les diplomates et les représentants officiels d'un Etat, comme l'explique l'Office fédéral de la justice à la demande de Blick.
«Le but de l'interdiction de se dissimuler le visage est de faciliter les interactions sociales, pas de les compliquer, souligne un porte-parole. Il ne s'agit pas d'entraver les relations diplomatiques de la Suisse avec d'autres Etats et leurs représentants exerçant des fonctions souveraines et séjournant dans notre pays à cette fin.»
Une mise en œuvre difficile
Les représentants étatiques bénéficient de toute façon de l'immunité à l'étranger. Par ailleurs, une exception à l'interdiction s'applique dans les locaux dédiés aux relations diplomatiques et consulaires. Le message accompagnant la loi précise qu'une application stricte dans ces espaces irait «diamétralement à l'encontre de l'objectif visant à permettre les rencontres sociales».
Lors du WEF, la police cantonale des Grisons est chargée de faire respecter l'interdiction. Dans la pratique, la tâche s'annonce complexe. Face à une personne portant un voile religieux, les forces de l'ordre devraient d'abord déterminer son identité et vérifier si elle bénéficie d'une immunité.
De plus, durant le WEF, les frontières des lieux affectés aux activités diplomatiques sont souvent floues. Les représentants d'Etats se rencontrent dans des cadres très variés et, en théorie, un échange diplomatique peut aussi avoir lieu autour d'un déjeuner.