Votations du 14 juin
Genève accepte l'ouverture des magasins deux dimanches par an

Les Genevois approuvent à près de 53% l'ouverture des magasins deux dimanches par an et le 31 décembre. La droite salue ce soutien au commerce local, malgré l'opposition des syndicats.
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ATS Agence télégraphique suisse

Les magasins pourront ouvrir deux dimanches par année à Genève, sans qu'une convention collective de travail (CCT) étendue ne soit en vigueur dans ce secteur. Le peuple a accepté dimanche à une courte majorité un assouplissement de la loi sur les heures d'ouverture des magasins (LHOM).

Cette modification législative acceptée par 52,78% des votants était portée la droite et les faîtières économiques. Le taux de participation a atteint 51,47%. Ce vote «marque une avancée essentielle pour le commerce de proximité fortement fragilisé ces dernières années», selon Genève Commerce et la Nouvelle organisation des entrepreneurs (NODE).

Le secteur doit notamment faire face à la concurrence liée au tourisme d'achat et au commerce en ligne. Pour le Conseil d'Etat, également favorable à cette mesure «pragmatique», il s'agit «d'une véritable bouffée d'oxygène pour un secteur essentiel à la vie genevoise, qui représente près de 18'000 emplois dans le canton».

Les commerces pourront ainsi ouvrir deux dimanches par année, ainsi que le 31 décembre, une journée assimilée à un dimanche dans le canton. Le travail lors de ces deux dimanches se fera uniquement sur base volontaire et les employés auront un salaire doublé. Le droit fédéral permet actuellement aux cantons de fixer jusqu'à quatre dimanches ou jours fériés sans qu'une autorisation ne soit nécessaire. Discuté à Berne, le principe d'une ouverture de douze dimanche par an vient d'être rejeté par le Conseil des Etats.

«Une brèche ouverte»

L'assouplissement de la LHOM était combattu par référendum par la gauche et par les syndicats, qui dénonçaient une détérioration des conditions de travail dans un secteur précaire et une brèche vers une banalisation du travail dominical. Déçus, les Vert-e-s relèvent dimanche «une mesure qui profite avant tout aux grandes enseignes et s’inscrit dans une logique de consommation permanente peu compatible avec les impératifs sociaux et environnementaux».

Pour les syndicats, cette révision de la LHOM est «symboliquement grave». Ils annoncent dans la foulée qu'ils «seront là pour faire barrage à toute autre tentative d'étendre le travail du dimanche». Ils étudient un éventuel recours visant le résultat de dimanche, qui serait biaisé en raison du «flou volontairement entretenu» dans la brochure de votation.

Plusieurs scrutins ont déjà eu lieu à Genève sur ce sujet. En 2016, le peuple avait dit oui à une ouverture à trois dimanches, en plus du 31 décembre, sous condition de l'existence d'une convention CCT. Mais aucune CCT étendue n'ayant été conclue depuis 2017, la situation pour les commerçants restait floue.

En 2025, un arrêt du Tribunal fédéral a aussi changé la donne. Conditionner ces ouvertures à une CCT est une violation du droit fédéral, selon le TF. Le oui de dimanche dans les urnes, qui ne lie de facto plus l'ouverture des magasins le dimanche à une CCT, clarifie la situation. Les associations économiques relèvent d'ailleurs un résultat "enfin conforme au droit fédéral".

Interdiction des signes religieux dans les parlements

Genève interdit aux élus cantonaux et municipaux d'arborer des signes religieux ostentatoires lors des séances plénières. Le peuple a accepté à une courte majorité une modification constitutionnelle en ce sens. A la mi-journée, les résultats anticipés basés sur le dépouillement des votes par correspondance donnaient le oui gagnant de justesse. Les votes à l'urne n'ont finalement pas inversé la tendance: le oui l'emporte par 51,37% avec un taux de participation de 51,47%.

La mesure portée par la droite (UDC, PLR, Centre et MCG) au nom de la laïcité était soumise à un référendum obligatoire. La gauche et Libertés et justice sociale (LJS) étaient opposés à cette interdiction qui touche selon eux aux libertés fondamentales. Pour les opposants, les miliciens du parlement ne sont pas des agents de l'Etat, mais des représentants élus par le peuple.

L'interdiction concernait de facto tous les signes (voile, kippa ou croix) sans viser une religion en particulier. Mais des collectifs féministes et antiracistes dénonçaient un harcèlement systématique des femmes musulmanes.

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