1,5 milliard par an
Lancement d'une initiative pour taxer l'avion et favoriser le train

Une initiative en Suisse propose une taxe aérienne dès 30 CHF par billet. Les fonds serviront à renforcer les transports publics et le rail vers les pays limitrophes.
Le comité souhaite instaurer une taxe proportionnelle à la distance et la classe du vol pourrait être instaurée.
Photo: IMAGO/Ardan Fuessmann
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ATS Agence télégraphique suisse

Le comité actif-trafiC souhaite taxer les trajets en avions, pour renforcer les transports publics en Suisse. Pour ce faire, il a lancé mardi l'initiative «Pour des transports publics forts et des tarifs aériens équitables».

Selon actif-trafiC, le trafic aérien atteint des niveaux sans précédent. «Cette évolution a des conséquences désastreuses pour le climat», constate Franziska Ryser, coprésidente de l'association et conseillère nationale (Vert-e-s/SG). Pour elle, afin d'atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, «il faut des mesures efficaces et susceptibles de rallier une large majorité». «L’initiative vise à introduire une taxe sur les billets d’avion et les jets privés afin de rééquilibrer le train face à l’avion», explique la conseillère nationale Priska Wismer-Felder (Centre/LU), citée dans le communiqué de presse.

Une contribution de 30 francs minimum par billet d'avion sera instaurée. Proportionnelle à la distance et à la classe de vol, «elle répondra au principe de pollueur-payeur», souligne le comité sur son site internet. Une taxe d'au moins 500 francs sera prélevée pour chaque décollage de jet privé. Les montants précis seront fixés par le Conseil fédéral et le Parlement.

Un bon de 100 francs par personne

Selon le comité, les recettes attendues de cette taxe s’élèvent à environ 1,5 milliard de francs par an. Au moins deux tiers de ce montant doivent être versés à la population sous forme de bons pour les transports publics, indique-t-il dans un communiqué. Ce bon de mobilité d’environ 110 francs par année par personne sera distribué à toute la population en Suisse et à utiliser dans les transports publics régionaux, nationaux et internationaux.

Le reste des recettes permettra également de développer des liaisons ferroviaires «attractives et abordables» vers les pays limitrophes. «L’initiative profitera financièrement à environ 90% de la population», souligne Martine Docourt, conseillère nationale (PS/NE), citée dans le communiqué. Et d'ajouter que la grande majorité de la population recevra davantage d’argent en bons qu’elle n’en dépensera en taxe. «Seuls les quelque 10 % qui prennent souvent l’avion ou voyagent en classe premium paieront davantage qu’ils ne recevront en retour», ajoute le communiqué.

L'initiative est soutenue par la gauche et de nombreuses organisations de défense de l'environnement et des transports publics. Le délai pour la récolte des signatures est fixé au 28 octobre 2027.

Débattue sous la Coupole

La question de la taxe sur les billets d'avion fait polémique depuis plusieurs années. En 2021, en rejetant la première version de la loi sur le CO2 pour la période 2025-2030, le peuple suisse a refusé une telle taxe. Plusieurs initiatives parlementaires demandant l'introduction de cette taxe ont ensuite fait chou blanc aux Chambres fédérales. Celles-ci ont aussi mis leur veto à ce sujet dans le cadre de la nouvelle loi sur le CO2, entrée en vigueur en 2025.

Selon un sondage représentatif de l'institut gsf-zurich commandé par actif-trafiC, deux tiers des Suisses sont favorables à une taxe sur les billets d'avion.

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