La récente stabilité des prix du carburant cache une réalité plus incertaine. Certes, le coût d'un plein en Suisse est moins cher depuis quelques semaines, le prix du baril de pétrole brut étant passé de 110 francs à environ 71 francs depuis la mi-mai.
Mais à l'approche des vacances d'été, de nouvelles incertitudes planent sur le marché du carburant. Cela n'a pour l'instant rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient, qui avait fait grimper en flèche le prix du pétrole brut au printemps. La hausse des prix qui menace désormais aux pompes n’a pas non plus de lien avec le début des vacances dans les premiers cantons suisses, explique Michael Knobel, exploitant des stations-service Etzelpark.
Augmentation des tarifs de fret
Ces derniers jours, Michael Knobel a dû débourser davantage pour s’approvisionner en essence et en diesel. «Les niveaux d’eau sont bas, ce qui fait grimper les frais de transport», explique-t-il. Selon le Touring Club Suisse (TCS), les tarifs de la navigation sur le Rhin ont plus que doublé depuis le 11 juin, passant de 33,50 à 68,50 francs par tonne actuellement. «Cette hausse se répercute sur le prix de l'essence à la pompe à hauteur d'environ 2,5 centimes par litre», calcule Marco Wölfli, porte-parole du TCS.
Concrètement, le prix moyen d’un litre d’essence sans plomb 95, calculé par le TCS, s’élève actuellement à 1,81 franc. Un litre de diesel coûte 1,98 franc. Cela représente une baisse de 12 centimes (essence) et de 15 centimes (diesel) par litre par rapport à il y a six semaines. En février, avant le début de la guerre en Iran, le prix s’élevait à 1,67 franc pour le sans plomb 95 et à 1,79 franc pour le diesel.
Pénuries d’essence en vue?
Il existe toutefois actuellement d’autres facteurs qui laissent présager une hausse des prix à la pompe à court terme: un cours du dollar supérieur à 80 centimes et, surtout, une pénurie de raffineries capables de produire de l’essence, du diesel et du fioul domestique. «Nous nous dirigeons effectivement vers une pénurie», confirme Michael Knobel, directeur d’Etzelpark.
La baisse de l’offre contribue elle aussi à faire grimper les prix. Selon ses propres déclarations, Michael Knobel n’aura d’autre choix que d’augmenter prochainement les prix dans ses dix stations-service à bas prix.
D’autres entreprises devraient suivre. L’exploitant de stations-service Socar ne souhaite pas s’exprimer sur des hausses de prix concrètes. Un porte-parole laisse toutefois entendre, à la demande, que les prix vont à nouveau remonter. L’ampleur de cette hausse «dépend fortement de la situation du marché international». Il note que, notamment pour le diesel, les fluctuations de prix dans les deux sens ont récemment été plus marquées que pour l’essence.
Prix similaires en Italie et en France
Et pour ceux qui prévoient des vacances: est-il plus judicieux d'attendre de passer la frontière pour faire le plein? Une comparaison des prix internationaux, réalisée par le TCS, offre un aperçu de la situation dans les différents pays d'Europe. Les données recueillies datent de la mi-juin et n’ont pas encore été mises à jour.
Si les prix de l'essence et du diesel en Italie et en France sont quasiment identiques à ceux de la Suisse, les automobilistes autrichiens et allemands peuvent faire le plein à des prix nettement inférieurs. Ceux qui voyagent en voiture en Espagne ont de quoi se réjouir: là-bas, le litre de sans plomb 95 coûte l’équivalent de 1,48 franc, tandis que le prix du litre de diesel s’élève à 1,55 franc.