Après les heurts à Prilly Malley
Les incidents violents relancent le débat sur la sécurité dans le sport

Après les heurts qui ont fait deux blessés fin octobre lors de Lausanne-Fribourg à Prilly-Malley, le canton de Vaud va réintroduire le scan-ID pour les secteurs visiteurs des matchs à risque, sur fond de hausse des hooligans en Suisse.
Après les heurts qui se sont déroulés en marge du match LHC-Fribourg, le canton de Vaud introduit ä nouveau le scan-ID lors des matchs à risque.
Photo: IMAGO/Andreas Haas
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ATS Agence télégraphique suisse

Comme dans d'autres pays européens, la Suisse est confrontée à des violences politiques. Dans le sport également, les incidents violents suscitent une inquiétude croissante ces dernières années, même si les données nationales dressent un tableau contrasté.

Dernier cas en date: des heurts entre supporters ont éclaté fin octobre à l'issue du match entre le Lausanne Hockey Club et Fribourg Gottéron à la Vaudoise Arena à Prilly-Malley. Deux fans lausannois ont subi d'importantes blessures et ont dû être conduits en ambulance au CHUV.

Face à ces violences, le scan-ID, soit le contrôle d'identité à l'entrée du secteur visiteurs, sera réintroduit, assure le conseiller d'Etat vaudois en charge de la sécurité Vassilis Venizelos. «Le scan ID, qui avait été retiré sur certains matchs, devra impérativement être remis pour les confrontations avec Fribourg, voire pour d'autres matchs à risque», a-t-il déclaré dimanche soir à l'émission Mise au Point de la RTS.

Selon M. Venizelos, «il est important de garder le dialogue avec les ultras, car on a envie de spectacle, de chants, de supporters. Mais il faut fixer des limites». Le risque est que la situation dérape complètement et que certaines personnes renoncent à venir à la patinoire.

Hooligans en hausse

«Il y a une recrudescence d'événements qui sont portés à notre connaissance depuis 4-5 ans», relève Bernard Dénéréaz, Premier procureur du canton de Vaud, également interrogé par la RTS dans la même émission.

Selon le reporting PESSS de l'Office fédéral de la police (fedpol), les violences liées aux manifestations sportives restent un phénomène important en Suisse. Pour la saison 2025-2026, 33 matchs de Super League et 21 matchs de National League ont été classés en catégorie rouge, correspondant aux événements violents graves. Au total, 512 matchs de football et 838 matchs de hockey sur glace ont été analysés.

La banque de données des hooligans HOOGAN montre aussi une augmentation du nombre de personnes enregistrées depuis 2024, tant dans le football (669 à 789) que dans le hockey sur glace (285 à 322). Ces indicateurs doivent toutefois être interprétés avec prudence, car les statistiques ne permettent pas de mesurer directement l'évolution annuelle des violences, prévient fedpol.

La sécurité des stades encore en débat

Cette tendance contraste avec l'évolution observée dans le football professionnel. La Conférence des commandantes et des commandants des polices cantonales de Suisse (CCPCS) tire un bilan positif du dispositif PROGRESSO, appliqué depuis la saison 2024-2025 en Super League. Celui-ci prévoit quatre niveaux de mesures et de sanctions selon la gravité des incidents.

Les actes de violence graves sont ainsi passés de 40 à 37 lors de la première saison. La CCPCS fait également état d'une tendance favorable durant la saison 2025-2026.

Du côté de la Conférence latine des cheffes et chefs des départements de justice et police (CLDJP) le constat est différent. Le dispositif PROGRESSO «ne permet pas toujours d'assurer une réponse suffisamment cohérente», indique la CLDJP dans un communiqué. Elle va étudier la mise en place d'un dispositif commun des cantons latins. Il pourrait prendre la forme d'un concordat et aborder la question des billets nominatifs. Les pistes de réflexion seront présentées au printemps prochain par le canton de Vaud.

Les autorités judiciaires entendent de leur côté renforcer leur capacité de réaction lors des rencontres à risque. Des enquêteurs sont notamment présents sur place afin de pouvoir prendre immédiatement les mesures nécessaires, explique Bernard Dénéréaz. Le Ministère public vaudois dispose également d'un pool de procureurs de piquet ou dans les patinoires pour les premières auditions ou mesures d'investigation.

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