En bref
- La région lémanique dépasse Zurich en tant que principal espace économique de Suisse
- Zurich croît nettement plus lentement que Vaud et n'occupe que la sixième place pour le PIB cantonal par habitant
- Après les départs de Vontobel et Cembra, les inquiétudes concernant la place économique grandissent
La place économique zurichoise a récemment essuyé plusieurs revers. A un mois d'intervalle, les banques Vontobel et Cembra ont annoncé leur départ de la ville. Vontobel transfère son siège à Baar (ZG), tandis que Cembra déménage à Baden (AG). Au total, la place financière zurichoise voit ainsi partir 2160 emplois.
Et ce n'est peut-être pas fini. Un expert immobilier en est convaincu: «Il y aura d'autres départs.» Le PLR zurichois tire déjà la sonnette d'alarme et interpelle le Conseil d'Etat. De son côté, un hôtelier historique de la ville estime que Zurich n'est plus qu'une «destination de seconde zone», notamment en raison du manque de voyageurs d'affaires.
Et voilà un nouveau revers pour Zurich: le canton n'appartient plus à la première région économique de Suisse. C'est ce que révèlent les nouveaux chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), relayés par la «NZZ».
La première place revient désormais à la région lémanique, qui regroupe les cantons de Genève, Vaud et Valais. Ensemble, ils ont généré un produit intérieur brut (PIB) d'environ 190 milliards de francs en 2024. Zurich, de son côté, atteint 167 milliards de francs, soit environ 12% de moins que sa concurrente romande.
L'économie romande croît plus vite
Plus surprenant encore, même sans le Valais, Genève et Vaud font mieux que Zurich. A eux seuls, les deux cantons affichent un PIB cumulé de plus de 168 milliards de francs. Et cela, malgré une population moins nombreuse: Genève et Vaud comptent ensemble environ 1,4 million d'habitants, contre un peu plus de 1,6 million dans le canton de Zurich.
La croissance économique joue également en faveur du canton de Vaud. Selon les nouveaux calculs, son PIB a progressé de 4,1% en 2024, contre seulement 0,8% pour Zurich.
Le classement du PIB par habitant réserve lui aussi quelques surprises. Zurich ne pointe qu'à la sixième place. Le canton de Neuchâtel le devance désormais, avec un PIB de 142'993 francs par habitant. Schaffhouse fait également mieux, avec 151'492 francs.
Zurich conserve toutefois une place de choix dans l'économie suisse. Avec ses 167 milliards de francs de PIB, il reste de loin le canton qui génère le plus de richesse au total.
Ce bouleversement s'explique avant tout par une nouvelle méthode de calcul de l'OFS. Jusqu'ici, la répartition de la richesse produite entre les cantons reposait principalement sur le nombre d'emplois. Désormais, l'office s'appuie davantage sur les données des entreprises pour déterminer où la valeur ajoutée est réellement créée. Cette nouvelle approche permet, selon l'OFS, de mieux refléter le poids économique des différentes régions.
Le canton relativise
Comment Zurich accueille-t-il ce nouveau classement? Interrogée par Blick, la Direction de l'économie publique du canton relativise les résultats. «En tant que plus grand canton économique, Zurich se situe déjà à un niveau très élevé. Il est plus facile d'atteindre des taux de croissance élevés à un niveau inférieur», explique-t-elle.
Avec un PIB de près de 170 milliards de francs, Zurich représente encore quelque 20% de l'économie suisse. «Il n'y a aucun autre canton qui s'approche même de cette valeur», souligne son porte-parole.
Les autorités ne cachent toutefois pas leur inquiétude face aux récents départs d'entreprises. La Direction de l'économie publique «regrette le départ d'acteurs importants comme Cembra ou Vontobel et prend ces signes au sérieux», poursuit le porte-parole. Elle assure néanmoins vouloir maintenir l'attractivité du canton. «Le Conseil d'Etat mise sur des conditions-cadres favorables à l'économie afin de rendre le canton de Zurich encore plus attrayant.»