Parmelin s'envole pour Washington
Donald Trump prépare-t-il un nouvel assaut commercial contre la Suisse?

Et si Trump imposait une nouvelle vague de droits de douane punitifs? Le monde des affaires retient son souffle, alors que Guy Parmelin s'envolera lundi pour Washington, afin d'essayer d'en savoir plus.
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Guy Parmelin et Helene Budliger Artieda, rencontreront lundi le représentant américain au commerce, Jamieson Greer.
Photo: Keystone
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Raphael Rauch

Un ballon rond, deux cages et 90 minutes de jeu. Si seulement la politique obéissait à des règles aussi simples. Donald Trump a beau accueillir la Coupe du monde de football dans son pays, il reste avant tout préoccupé. Lorsque le président de la Confédération Guy Parmelin et la secrétaire d'Etat à l'Economie Helene Budliger Artieda s’envoleront ce lundi pour Washington, Trump ne leur consacrera pas une minute. Ils rencontreront en revanche le représentant au commerce Jamieson Greer.

Le voyage de Guy Parmelin en Amérique du Nord était prévu de longue date avec comme motif officiel la Coupe du monde aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique. Une excursion prévue avant l'arrivée de droits de douane punitifs, lorsqu'on ignorait encore qu'il faudrait que des patrons d'entreprise offrent des Rolex et des lingots d'or pour s'attirer les faveurs de Trump.

Crainte d'une nouvelle offensive de Trump

Les entretiens avec Jamieson Greer sont de nature purement politique et aucun représentant du monde des affaires n’y participera. Le voyage se poursuivra ensuite dans l’Utah. Plusieurs personnalités seront présentes: Christoph Mäder, président d’Economiesuisse, Annette Luther, cadre chez Roche et présidente de Scienceindustries, ainsi que Martin Hirzel, président de Swissmem. A Salt Lake City, l’hôte sera Peter Spuhler, patron de Stadler Rail, qui y inaugure un nouveau hall.

L’industrie pharmaceutique devrait avant tout espérer tirer de nouvelles informations de ce voyage aux Etats-Unis. Elle craint que Trump n’envisage de nouvelles mesures de répression à l’occasion du 250e anniversaire de l’indépendance de son pays. Le 18 juin, Washington a lancé une enquête sur les prix des médicaments allemands. L’industrie pharmaceutique suisse a jusqu’à présent été épargnée. Mais pour combien de temps encore?

«Limiter les dégâts»

A Berne, personne ne s'attend à ce que Guy Parmelin et Jamieson Greer annoncent une avancée majeure à Washington. Il semblerait qu'on ait tiré des leçons du passé: il y a un an, la Suisse était optimiste quant à la possibilité de conclure un accord spécial. La conseillère fédérale Karin Keller-Sutter s’était lancée avec trop de naïveté dans un entretien téléphonique qui s’était soldé par des droits de douane punitifs de 39%. Depuis, la devise suisse est: limiter les dégâts! On entend dire que tout ce qui ne dépasse pas 15% de droits de douane punitifs est acceptable. L’essentiel est qu’il n’y ait pas un écart trop important par rapport à l’UE.

Berne tempère délibérément les attentes concernant l’entretien avec Jamieson Greer. Celui-ci devrait surtout servir à entretenir les relations et à échanger des informations. Les entretiens en face à face valent mieux que les conversations téléphoniques – Berne a tiré les enseignements de l'échec de Karin Keller-Sutter.

Guy Parmelin entretient de bonnes relations avec Jamieson Greer, car ce dernier parle français. Lors de leur dernière rencontre, Parmelin avait apporté du fromage suisse pour ce dernier – un cadeau moins onéreux qu'une Rolex et des lingots d'or.

Berne tient son engagement

Guy Parmelin devrait souligner que la Suisse respecte son engagement d’investir 200 milliards aux Etats-Unis. L’industrie pharmaceutique suisse met le paquet, les importations de viande de buffle en Suisse augmentent même – et Stadler Rail a créé 300 nouveaux emplois dans l’Utah. Le constructeur ferroviaire parle d’un «investissement significatif dans l’avenir de la construction de véhicules ferroviaires aux Etats-Unis».

Le déficit de la balance commerciale est désormais comblé. Le fait que la Suisse ait accueilli les discussions au Bürgenstock et qu'Ignazio Cassis y ait reçu le vice-président américain JD Vance n'y est certainement pas étranger. Selon les informations de Blick, les deux hommes ont discuté non seulement de l’Iran, mais aussi du différend douanier. Malgré tout, la folie de la politique mondiale n'est pas près de s'arrêter. Trump décide seul des droits de douane qu'il applique aux différents pays. Contrairement au football, la politique commerciale de Trump ne suit aucune règle.

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