Guy Parmelin est rentré bredouille de son voyage express lundi à Washington. Après s'être entretenu avec le représentant du commerce américain, Jamieson Greer, le président de la Confédération s'est engagé à ce que la Suisse lève des obstacles dans deux secteurs: celui de l'import de voitures, et celui des dispositifs médicaux américains. En revanche, rien de concret du côté des Etats-Unis. Donald Trump ne semble en effet pas avoir renoncé à imposer de nouvelles taxes douanières sur certains produits suisses.
Par ailleurs, Guy Parmelin a privilégié dans ce dossier une modification d'ordonnances relevant de sa compétence, ce qui ne nécessite pas l'aval du Parlement. Cela permet à l'Exécutif d'agir plus rapidement. Mais cette approche est critiquée parce qu'elle limite l'implication du Parlement et offre une sécurité juridique moindre.
Les critiques pleuvent
La démarche fait en effet grincer des dents sous la Coupole fédérale. Le conseiller aux Etats socialistes Carlo Sommaruga a dénoncé «une approche assez autoritaire» du président. Il lui reproche d'avoir fait un coup de force sans consulter au préalable la Commission de politique extérieure (CPE) – dont il est président – pour une décision de cette ampleur, alors même que celle-ci en avait expressément fait la demande.
Les critiques ne s'arrêtent pas là. Le groupe Tamedia a approché plusieurs élus du camp bourgeois pour connaître leur opinion. Côté PLR, l'élu Simon Michel se dit déçu de ce voyage aux Etats-Unis. Il rejoint la position de la CPE, estimant que le Parlement devrait être consulté pour les dossiers aussi centraux que celui des accords commerciaux.
Son collègue de parti, Damian Müller, se montre lui aussi sévère envers la stratégie du président: «La Suisse ne doit pas croire qu’elle peut automatiquement s’attirer les bonnes grâces de Washington en faisant des concessions unilatérales.» La Vert'libérale Tiana Angelina Moser qualifie quant à elle cette stratégie d'«inquiétante».
D'autres sont plus indulgents
Mais certains estiment que cette stratégie de coopération peut être payante. C'est l'opinion du centriste Gerhard Pfister. En revanche, il estime que Guy Parmelin ne doit «en aucun cas» concéder d'autres faveurs aux Etats-Unis.
L'élu UDC Hannes Germann ne voit pas d'inconvénient à ce que le Conseil fédéral passe par la modification d'ordonnances, espérant toutefois aboutir à un accord commercial contraignant Suisse-USA. De son côté, le président de l'association industrielle Swissmem estime que Guy Parmelin a pris la bonne décision.