La Suisse romande et la Suisse alémanique n'ont pas la même approche des transports publics. C'est ce que démontre un travail universitaire qui a été récompensé par le prix LITRA 2026.
Nico Wyss, étudiant en master de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), s'est intéressé au financement du transport régional de voyageurs (TRV). Et plus particulièrement au taux de couverture des coûts, indique mardi le service d'information pour les transports publics (LITRA) sur son site.
Ce taux indique la part des coûts complets des transports publics couverte par les clients au moyen des prix des billets. Il s’élève en moyenne à 61% en Suisse alémanique et à 40% en Suisse romande et au Tessin. Cela représente un écart marqué de plus de 20 points de pourcentage.
L'étudiant s’est notamment appuyé sur les valeurs de planification du TRV pour 2025. La Confédération et les cantons avaient commandé plus de 1600 offres auprès de 101 entreprises de transport dans tout le pays, pour un montant total d’indemnités de 2,2 milliards de francs.
Demande plus faible
Il observe que la principale raison pour laquelle la Suisse latine couvre moins largement ses coûts dans le TRV que la Suisse alémanique tient surtout à la demande: les transports publics sont moins utilisés dans l’ouest et le sud de la Suisse et affichent un taux d’occupation plus faible. Quand une liaison compte en moyenne 33 passagers en Suisse alémanique, elle n’en compte que 22 en Suisse latine.
En revanche, les coûts d’exploitation et les prix des billets jouent un rôle secondaire dans cet écart: les coûts par kilomètre parcouru et les recettes par passager-kilomètre diffèrent à peine entre la Suisse alémanique et la Suisse latine.
Pour expliquer la demande plus élevée en Suisse alémanique, le jeune chercheur voit deux facteurs: le nombre d’abonnements demi-tarif rapporté au nombre d’habitants, ainsi que la densité de population. Si l’on neutralise ces deux facteurs, l’écart entre les régions linguistiques en matière de taux de couverture des coûts disparaît.
Optimiser la planification
Pour la LITRA, le travail de Nico Wyss apporte une contribution importante au débat sur le financement du transport régional de voyageurs. En 2025, ses coûts étaient couverts à 55%. Sur le plan politique, les appels à une augmentation du taux de couverture des coûts se font de plus en plus nombreux.
L'auteur de l'étude doute lui qu’il soit possible d’améliorer sensiblement le taux de couverture des coûts à court terme par les seules hausses tarifaires ou des réductions de coûts. «Miser sur des optimisations de la planification de l’offre à moyen et long terme, susceptibles d’accroître la demande et d’améliorer le taux d’occupation serait plus judicieux», estime Nico Wyss, cité dans l'article de la LITRA.