Le tunnel de base du Saint-Gothard fête ses dix ans ce lundi. Inauguré le 1er juin 2016, l'ouvrage de 57 kilomètres a permis de presque doubler la demande en trafic voyageurs sur cet axe, ont indiqué les CFF.
Depuis sa mise en service le 1er juin 2016, 169'000 trains de voyageurs et 276'000 trains de marchandises ont emprunté le plus long tunnel ferroviaire du monde. Avec l'ouverture du tunnel de base du Ceneri en 2020, les liaisons nord-sud ont encore été renforcées.
Trajet réduit de 50 minutes
Le temps de parcours entre Zurich et Lugano a été réduit d'environ 50 minutes pour passer à 1h53, tandis que le trajet entre Zurich et Milan dure désormais 3h17. La demande sur l'axe du Gothard a presque doublé en dix ans et, depuis près de deux ans, un train circule toutes les trente minutes dans chaque sens, peut-on lire dans le communiqué publié lundi.
«Ces dix dernières années, ce tunnel a durablement transformé le trafic transalpin et renforcé l'axe de transport européen nord-sud», a déclaré Vincent Ducrot, directeur général des CFF, cité dans le communiqué.
Plus de marchandise sur le rail
Le trafic marchandises a également profité de l'ouvrage grâce à une ligne sans fortes pentes et au corridor de quatre mètres. Les trains peuvent circuler plus rapidement, avec des convois plus longs et des charges plus importantes qu'auparavant. Le volume transporté a atteint 24,2 millions de tonnes en 2025, contre 17,8 millions sur l'ancienne ligne de faîte en 2015. Selon les CFF, le potentiel de croissance reste important afin de poursuivre le transfert du trafic de la route vers le rail.
Construite en 1882, la ligne de faîte historique conserve toutefois son importance. Elle est utilisée par les trains régionaux Treni Gottardo, empruntés chaque jour par environ 1400 voyageurs, et sert d'itinéraire de secours en cas d'interruption du tunnel de base, comme lors de la fermeture partielle consécutive au déraillement d'un train de marchandises en 2023. Elle demeure également un atout touristique grâce au Gotthard Panorama Express.
Afin d'assurer la pérennité de l'infrastructure, les CFF investissent environ 35 millions de francs par an dans son entretien. Des systèmes robotisés éliminent notamment les dépôts métalliques provoqués par l'usure des freins, tandis que les voies et les installations sont surveillées en permanence à l'aide d'instruments de mesure de haute précision.