Mercredi, l'action Swisscom a perdu 2,4% et clôturé à 608,50 francs. Depuis qu'il a atteint son plus haut niveau annuel à la mi-mars – soit à 726,50 francs – le titre a perdu près de 20% de sa valeur. Son gain annuel s'est ainsi réduit à environ 5%. Ceux qui voyaient des prix d'entrée attrayants après la double dégradation par Morgan Stanley mi-juin ont été déçus. Après une courte phase de consolidation autour de 635 francs, les cours ont poursuivi leur baisse.
Le contexte de marché ne joue pas en faveur des valeurs défensives de Swisscom. Les investisseurs se montrent à nouveau plus enclins à prendre des risques depuis que les chiffres de l'inflation dans la zone euro se sont révélés moins élevés que prévu. Avec la baisse des prix du pétrole, l'espoir grandit de voir les banques centrales renoncer à de nouvelles hausses des taux d'intérêt.
Avec cette nouvelle baisse des cours, le rendement du dividende a certes augmenté, mais avec 4,3%, il reste à la traîne par rapport aux meilleurs du secteur. En comparaison, Telefónica affiche 8,4% et Telenor 6,8%.
Mais il n'y a pas que le rendement du dividende qui pèse dans la balance. En termes de valorisation, mesurée par le ratio cours/bénéfice (PER), les actions Swisscom semblent également chères. Le PER s’élève à 21 contre une moyenne à long terme de 18, selon Bloomberg. Et un coup d'œil vers l'Allemagne montre que Deutsche Telekom n’affiche qu’un PER de 11. Du côté des analystes, la situation reste limpide: il manque un catalyseur positif. Par conséquent, neuf analystes classent le titre à «conserver» et sept à «vendre». L'objectif de cours moyen se situe à 608 francs selon l'AWP-Analyzer.
Des résultats en deçà des attentes
Avec les chiffres du premier trimestre 2026 publiés début mai, Swisscom n'a pas totalement convaincu. Le chiffre d'affaires du groupe a reculé de 4,1% sur les trois premiers mois de 2026 par rapport à l'année précédente pour s'établir à 3,6 milliards de francs, ce qui était conforme aux prévisions.
Le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements après charges de leasing a progressé de 0,8% pour atteindre 1,288 milliard de francs, ce qui correspondait tout juste aux attentes. Sur une base comparable et à taux de change constants, la baisse du chiffre d'affaires s'élève à 2,9%.
Le flux de trésorerie opérationnel disponible de 594 millions de francs a augmenté de 22,6% sur une base comparable, tandis que le bénéfice net a quant à lui diminué de 9,6% par rapport à l'année précédente pour s'établir à 332 millions de francs. Ce recul résulte principalement d'effets sans incidence sur la trésorerie dans le résultat financier.
Erosion des activités télécoms en Suisse
L’intégration de Vodafone Italia, rachetée pour huit milliards d’euros, se poursuit toujours comme prévu, a communiqué Swisscom début mai. Les synergies issues de la fusion entre Fastweb et Vodafone Italia ont permis de réduire les coûts, ce qui a entraîné une hausse du résultat d’exploitation de 8,3%.
Depuis avril, Swisscom profite de hausses de prix sur sa marque principale. Toutefois, cela ne suffira pas à stopper l'érosion de son activité de télécommunications. En Suisse, le chiffre d'affaires de son cœur de métier devrait reculer de 120 millions de francs cette année, et d'environ 150 millions d'euros en Italie.
Swisscom maintient ses objectifs pour l'exercice en cours 2026, comme l'a rapporté l'agence de presse AWP. Le «géant bleu» table sur un chiffre d'affaires de 14,7 à 14,9 milliards de francs. Concernant le bénéfice opérationnel, Swisscom vise 5,0 à 5,1 milliards de francs. Des investissements de 3 à 3,1 milliards de francs sont également prévus. Si ces objectifs sont atteints, Swisscom prévoit d’augmenter son dividende de un franc, pour le porter à 27 francs par action.