«Tout le monde a été conciliant, sauf eux!»
Un voyagiste suisse dézingue Swiss après l'annulation d'une croisière liée à la crise dans le détroit d'Ormuz

Après l'annulation d'une croisière à cause des tensions dans le détroit d'Ormuz, le voyagiste suisse Roman Pfister accuse Swiss de n'avoir proposé aucun geste commercial. Selon lui, tous les autres partenaires ont accepté de rembourser certains frais.
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Le voyagiste suisse Roman Pfister est très en colère contre la compagnie Swiss.
Photo: DR
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Raphael Rauch

La compagnie aérienne Swiss, filiale du groupe allemand Lufthansa, a publié d'excellents résultats trimestriels. Malgré la guerre en Iran, elle a dégagé un bénéfice de plus de 30 millions de francs au premier trimestre 2026, soit nettement plus qu'un an auparavant. Une situation que Roman Pfister, propriétaire de Pfister Cruises AG, peine à comprendre.

Son entreprise avait organisé une croisière du Cap à Majorque pour 40 passagers. Mais le navire «Mein Schiff 4» s'est retrouvé bloqué dans le détroit d’Ormuz et, face à la dégradation de la situation, le voyage a dû être annulé à la dernière minute.

Tous, sauf Swiss

Roman Pfister explique que ses clients ont été intégralement remboursés du prix de leur voyage dans les 24 heures suivant l'annulation. «Pour nous, ce service va de soi, même si cela représente évidemment une perte importante», souligne le patron de Pfister Cruises AG.

Selon lui, en revanche, Swiss n'a accepté aucune concession, laissant son entreprise supporter les frais. C'est cette décision qui l'a poussé à réagir publiquement.

Roman Pfister dit être particulièrement choqué par le contraste avec l'attitude des autres partenaires sur place. Les agences, organisateurs d'excursions et autres prestataires auraient remboursé les coûts malgré l'absence d'obligation contractuelle. «Tous ont compris qu'il s’agissait d'une situation exceptionnelle. Tous, sauf Swiss», affirme-t-il.

Il dit avoir reçu un e-mail «peu sympathique» de la compagnie aérienne indiquant simplement que les vols étaient maintenus. «En gros: 'ce n’est pas notre problème'», critique-t-il, ajoutant que son entreprise doit désormais assumer une perte de plusieurs dizaines de milliers de francs.

«On devrait s'entraider»

Le voyagiste affirme devoir assumer lui-même les frais liés à Swiss. «Nous entretenons d'excellentes relations de travail avec le groupe Lufthansa depuis des années. J'attends autre chose d'un partenariat. On devrait s'entraider», déclare-t-il.

Interrogé, le groupe Lufthansa a réagi au nom de Swiss. L'entreprise dit être consciente que la situation actuelle représente «un défi pour l'ensemble du secteur du voyage». Elle affirme toutefois que sa priorité reste de garantir un trafic aérien «stable, sûr et fiable». Le groupe précise également que les demandes de gestes commerciaux sont examinées «en tenant compte des aspects juridiques et proportionnels» et rejette «fermement» les accusations d'attitude non partenariale.

Aucun compromis

Roman Pfister maintient ne pas comprendre l'attitude de Swiss. «Tous les autres partenaires ont accepté de faire un geste à leurs frais. Seule Swiss se réfugie derrière des clauses et des intermédiaires», critique-t-il. Voilà donc comment le groupe Lufthansa conçoit le partenariat: encaisser allègrement les profits tout en se déchargeant systématiquement des risques.»

Roman Pfister regrette également que Swiss n'ait pas cherché de compromis. «Un avoir nous aurait convenu. Personne ne demande à Swiss de rembourser en espèces», souligne-t-il

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