Les vacances d’été approchent, mais beaucoup d’Européens n’ont toujours pas réservé. En cause? Les craintes liées à une possible pénurie de kérosène et à des annulations de vols en raison de la guerre en Iran. De nombreux voyageurs préfèrent attendre, partir en train ou en voiture, voire renoncer à un éventuel voyage.
Cette hésitation met les compagnies aériennes européennes sous pression. Pour remplir leurs avions cet été, elles multiplient désormais les rabais, malgré les tensions au Moyen-Orient. Selon une analyse du «Financial Times», les prix des billets ont fortement baissé ces dernières semaines sur plusieurs destinations de vacances populaires, surtout autour de la Méditerranée.
Jusqu'à 71% moins cher
Sur certaines lignes, les prix ont chuté de manière spectaculaire. Les vols entre Milan et Madrid coûtent par exemple 44% moins cher qu’il y a quelques semaines, contre 33% sur la liaison Rome-Barcelone. Le «Financial Times» a comparé les tarifs des vols de juillet avec ceux du 9 avril et du 6 mai. Résultat: plus de la moitié des principales liaisons méditerranéennes ont vu leurs prix baisser.
Une analyse du quotidien italien «Corriere della Sera» montre des baisses encore plus importantes. Entre Bergame et Madrid, les vols pour l’été sont aujourd’hui jusqu’à 71% moins chers qu’il y a deux mois. Entre Rome et Lisbonne, la baisse atteint 64%. Bref, les vacances deviennent une aubaine inespérée!
Pas de nouveaux suppléments
Les compagnies aériennes tentent aussi de rassurer les voyageurs. EasyJet a par exemple promis de ne pas appliquer de supplément kérosène ou de «supplément de crise» aux réservations déjà effectuées. British Airways met aussi en avant une «promesse vacances» garantissant que les voyages réservés ne coûteront pas plus cher par la suite.
Du côté suisse, Edelweiss Air se veut également rassurante. Son directeur commercial, Patrick Heymann, affirme dans un entretien à Blick que «les vacances sont garanties» et que la compagnie dispose de suffisamment de kérosène. Une taskforce du groupe Lufthansa Group suit néanmoins de près la situation géopolitique.
Même discours chez Swiss International Air Lines. Dans une interview accordée à la «NZZ am Sonntag», son CEO Jens Fehlinger assure que les approvisionnements sont garantis pour les six prochaines semaines. Selon lui, une éventuelle pénurie toucherait d’abord l’Afrique et l’Asie.
Le patron de Swiss affirme d’ailleurs avoir lui-même réservé ses vacances d’été «en toute sérénité». Les experts préviennent toutefois que ces prix cassés pourraient rapidement disparaître si les tensions au Moyen-Orient s’aggravent ou si une pénurie de kérosène se confirme.