L'horloge tourne! Les amateurs de montres n'ont plus que jusqu'à minuit pour tenter de décrocher la toute nouvelle Moonswatch dorée. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'engouement est massif. Jeudi dernier, lors de l'ouverture des inscriptions, remplir le formulaire relevait du parcours du combattant. Face à la ruée des internautes, le site internet a rapidement rendu l'âme, submergé par le trafic, comme Swatch l’a confirmé à Blick.
Le groupe horloger biennois ne souhaite pas révéler combien de personnes se sont inscrites à ce jour pour l'un des 1969 exemplaires de la Moonswatch. Mais elles étaient «très, très, très nombreuses», selon un porte-parole de Swatch. Entre-temps, l'afflux massif semble toutefois s'être quelque peu calmé. Du moins suffisamment pour que le site fonctionne à nouveau. Blick a examiné les questions auxquelles chaque candidat à la Moonswatch doit répondre.
Formulaire d’entrée aux Etats-Unis
Visuellement et dans son esprit, le formulaire rappelle le document officiel d'autorisation d'entrée sur le territoire américain. Swatch l'a d'ailleurs baptisé de manière très équivoque l'«ESTA». Mais chez le fabricant suisse, l'acronyme ne désigne pas le visa d'entrée aux Etats-Unis: il signifie «Electronic Swatch Timepiece Application» (demande électronique pour garde-temps Swatch).
Il s’agit d’une petite pique du groupe dirigé par Nick Hayek à l’encontre du gouvernement américain du président Donald Trump. Et dans ces questions, les dirigeants économiques suisses qui ont rendu visite à Trump en novembre dans le Bureau ovale pour négocier un accord douanier en prennent également pour leur grade. La toute première question vise notamment le PDG de Rolex, Jean-Frédéric Dufour. Elle est la suivante: «As-tu déjà offert une horloge de table en or à un président?» Ce cadeau ostentatoire, d’une valeur comprise entre 20'000 et 40'000 francs, a été remis à Trump par le patron de Rolex lors de sa visite à la Maison Blanche.
Le reste du formulaire est rédigé dans un style tout aussi ironique. Il est très facile de répondre à certaines questions. L’une d’entre elles est par exemple: «Es-tu impliqué dans des activités de contrefaçon?» Un simple «non» suffit ici. D’autres s'avèrent nettement plus piégeuses. Il est par exemple demandé: «Quelle heure était-il en heure Internet Swatch lorsque le module lunaire Eagle (LM-5) s'est posé sur la Lune?»
D’autres questions font appel à la créativité. «Que mangerais-tu lors d’un voyage sur la Lune?» Ou encore: «Qui emmènerais-tu avec toi lors d’un voyage sur la Lune?» Et en répondant à la question «Cite un artiste avec lequel Swatch devrait collaborer», on contribue un peu à la recherche marketing de Swatch.
Un premier semestre qui a mal commencé
Avec la nouvelle Moonswatch, Swatch espère réaliser un nouveau coup de maître en matière de relations publiques – juste à temps pour la publication des résultats financiers du premier semestre 2026, que l’entreprise a rendus publics mardi sous la houlette de son PDG, Nick Hayek. Le groupe horloger a réalisé un chiffre d'affaires de 3,12 milliards de francs au cours des six premiers mois, soit 2% de plus que sur la même période de l'année précédente. En revanche, le résultat d'exploitation a reculé de 24% pour s'établir à 52 millions de francs. La marge opérationnelle a également baissé de 0,5 point de pourcentage, à 1,7%. Les investisseurs se sont montrés peu satisfaits de ces chiffres. A midi, les actions de Swatch avaient reculé de plus de 3%.
La vigueur du franc suisse a fortement pesé sur le groupe Swatch au premier semestre. Une monnaie suisse forte est défavorable aux entreprises locales dont une grande partie de l’activité se déroule à l’étranger. Et cela a un impact négatif sur le bilan de l’entreprise – comme c’est le cas chez Swatch. L’horloger biennois espère désormais poursuivre sa croissance – notamment grâce à la Moonswatch en or.