Le départ du conseiller aux Etats Daniel Jositsch du Parti socialiste (PS) continue de secouer la scène politique suisse et alimente de nombreux débats à Berne. Une réaction du conseiller national de l'Union démocratique du centre (UDC) soleurois Christian Imark provoque notamment une vive controverse parmi les parlementaires.
Sous une publication Facebook de la conseillère d'Etat socialiste zurichoise Jacqueline Fehr consacrée à l'affaire Jositsch, Christian Imark a tenu des propos particulièrement virulents. Dans les commentaires, il a écrit: «Le PS n'est pas un parti, c'est un cancer socialiste.»
«Un coup bas»
«J'admets que le choix des mots était provocateur, a déclaré Christian Imark à Blick. Mais au fond, il reflète une certaine vérité. On ne peut rester indifférent au fait que le PS écarte de fait des figures établies et performantes et devient de plus en plus totalitaire.»
Le conseiller national a depuis supprimé son commentaire, expliquant qu'il ne souhaitait pas s'en prendre directement aux membres du parti. Selon lui, ses critiques visaient avant tout la direction du PS et son orientation. «Je me suis rendu compte que je risquais de faire du tort à des personnes bien intentionnées», a-t-il ajouté.
Franziska Roth, conseillère aux Etats socialiste également originaire du canton de Soleure, ne comprend pas ce choix de mots. «Présenter un parti représenté au Conseil fédéral comme une tumeur, c’est un coup bas assumé», dit-elle.
Selon elle, il est normal que les partis politiques défendent fermement leurs positions, à condition de le faire avec respect. «Au quotidien, nous dépendons les uns des autres pour trouver des compromis dans l'intérêt du pays, a-t-elle souligné. Face à de telles déclarations, je doute que leur auteur soit réellement attaché à cet objectif.»
De vraies tensions chez les socialistes
Comme dit plus haut, l'origine de cette polémique se trouve donc une publication Facebook de la conseillère d'Etat zurichoise Jacqueline Fehr, dans laquelle elle critiquait ouvertement Daniel Jositsch. Elle y soutenait qu'un parti politique n'est pas une machine électorale, mais une organisation dans laquelle ses membres s'engagent activement et contribuent à son évolution.
«Vous assistez aux réunions, vous recherchez le dialogue, vous vous asseyez avec les membres engagés et vous prenez en compte les différents points de vue», a écrit Jacqueline Fehr. Avant d'ajouter: «Si vous ne souhaitez plus faire ce travail, il est temps de partir.»