Jeudi, la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter s'adressera aux médias et mettra UBS au pas. Son objectif: tirer les leçons de la faillite de Credit Suisse. Depuis la disparition de cette dernière, UBS est la seule grande banque suisse restante. Ce qui la rend «too big to fail», trop grande pour être laissée à la faillite en cas de problèmes économiques. C'est pourquoi le Conseil fédéral doit réduire au maximum le risque pour les contribuables.
La guerre au Moyen-Orient illustre la volatilité du monde: une crise financière pourrait éclater à tout moment. Ainsi, l'atmosphère était morose à Washington, où Karine Keller-Sutter a participé cette semaine à la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI).
Des questions de réglementations y ont été abordées, a indiqué son porte-parole, Pascal Hollenstein, à Blick. «Il ne s’agissait pas spécifiquement d’UBS, mais plutôt de questions relatives à la stabilité des marchés financiers, aux risques et aux exigences de fonds propres.»
Moins de risques pour les contribuables
Selon des informations en provenance de Berne, le Conseil fédéral devrait adopter mercredi l'ordonnance sur les fonds propres. Particularité: la séance se tient «extra muros» dans le canton de Fribourg, ce qui décale la communication officielle à jeudi. Un briefing pour les journalistes est prévu dès mercredi soir, après la fermeture de la Bourse.
Le Conseil fédéral envisage de durcir les règles par décret. Aujourd’hui, UBS peut encore inscrire certains actifs – comme des investissements massifs dans l’informatique – dans son bilan. Or, en cas de crise, une plateforme logicielle n'est guère utile, car elle ne peut pas être vendue. Le facteur déterminant est le capital effectivement disponible.
Selon certaines sources, l'ordonnance devrait être assouplie pour UBS: elle sera adaptée aux exigences de Bâle III, ce qui réduira sensiblement le coût effectif des fonds propres par rapport aux onze milliards de dollars initialement estimés.
Par ailleurs, le Conseil fédéral va durcir les règles relatives aux institutions financières «too big to fail». A terme, une version allégée de la «Lex UBS» est probable: la proposition du conseiller aux Etats PLR Thierry Burkart, qui assouplit les exigences de fonds propres pour UBS, devrait avoir plus de chances d’être adoptée par le Parlement que la version stricte du Conseil fédéral.