«Les gens se bousculaient et s'insultaient»
Les voyageurs d'un train CFF vivent un calvaire en rentrant du Tessin

Après quelques jours de vacances au Tessin, un lecteur de Blick pensait rentrer tranquillement chez lui en train. Mais à bord, les wagons étaient déjà bondés. Malgré une réservation de place assise, il a finalement dû s’installer par terre.
1/4
Dimanche midi, un lecteur de Blick a été choqué par le train bondé de Bellinzone à Arth-Goldau.
Photo: Lecteur reporter
Sandra_Marschner_Praktikantin News_Ringier Blick_1-Bearbeitet.jpg
Sandra Marschner

De nombreux passagers sont assis par terre, serrés les uns contre les autres entre des valises et des sacs de voyage. Certains ont même emporté des chaises pliantes pour tenter de voyager plus confortablement. Partout, chacun cherche un peu de place. Carlo*, lecteur de Blick, a pris le train dimanche à midi pour rentrer de vacances au Tessin. Mais au lieu d’un retour tranquille après le week-end de l’Ascension, il s’est retrouvé plongé dans un voyage chaotique, marqué par la cohue, les tensions et des wagons bondés.

Il voulait monter dans le train de 14h17 au départ de Bellinzone en direction d’Arth-Goldau. Mais l’IC21 680 était déjà plein à craquer. En raison de l’affluence, le train est parti avec 15 minutes de retard. «Les gens se bousculaient, se poussaient et certains s’insultaient même en montant à bord», raconte Carlo à Blick. Selon lui, le personnel du train était dépassé par le nombre de voyageurs. «Tout le monde était extrêmement stressé et agacé par la situation.»

«Le train était rempli à plus de 100%»

Avec sa compagne, Carlo avait passé quelques jours dans leur maison de vacances au Tessin. Habitué aux trains bondés pendant les week-ends prolongés, il avait cette fois réservé des places assises. Sans succès.

«Même les voyageurs avec réservation ont dû s’asseoir par terre tellement le train était plein», explique le lecteur. «Aujourd’hui, une réservation ne garantit apparemment plus de place assise. Le train était rempli à plus de 100%», déplore-t-il.

Des passagers contraints de descendre

La situation a été encore plus compliquée pour les voyageurs sans réservation. Avant le départ, le personnel a annoncé que le train ne pourrait pas quitter la gare tant qu’une partie des passagers ne descendrait pas. «De nombreuses personnes pourtant munies d’un billet valable ont dû quitter le train et attendre le suivant, une heure plus tard», raconte Carlo.

Malgré cette mesure, les conditions à bord sont restées très compliquées. Des passagers étaient assis partout dans les couloirs et entre les wagons. «Je n’avais encore jamais vécu une situation pareille. Et cette fois, c’était pire que tout», affirme-t-il. Il dit aussi avoir ressenti une forte tension parmi les voyageurs. «L’agressivité était clairement perceptible.»

Carlo est finalement arrivé à Schaffhouse dans la soirée. Pour lui, il est incompréhensible qu’une telle situation puisse encore se produire sur le réseau ferroviaire suisse. «C’est intenable. Les capacités doivent être augmentées rapidement.»

Offre supplémentaire insuffisante

Contactés par Blick, les CFF confirment l’incident. «Dans ce cas précis, le problème vient du train précédent, qui a subi un retard en raison d’un incident technique. Une partie de ses passagers s’est alors reportée sur le train de 14h17», explique le porte-parole Moritz Weisskopf.

Les CFF rappellent qu’ils s’attendaient à une forte affluence durant le week-end de l’Ascension et celui de Pentecôte. L’offre entre la Suisse alémanique et le Tessin a été renforcée avec 58 trains spéciaux et environ 130’000 places assises supplémentaires. «Malgré cela, certains trains peuvent rester très chargés, notamment en cas de perturbation», précise Moritz Weisskopf.

Selon lui, la sécurité reste la priorité absolue. «En cas d’urgence, il doit être possible d’évacuer rapidement le train. Si les couloirs sont bloqués par des bagages ou des voyageurs, cela n’est plus garanti.» Dans ce type de situation, le chef de train peut demander à certains passagers de descendre afin d’assurer la sécurité de tous les voyageurs.

«Il y a toujours des volontaires»

Moritz Weisskopf assure qu’il y a généralement des voyageurs qui acceptent de quitter spontanément le train. «La plupart du temps, il s’agit de passagers sans réservation de place.» Il précise toutefois que personne ne peut être forcé à descendre. «En Suisse, les entreprises de transport ont une obligation de transport.» En revanche, le personnel peut empêcher le départ du train si les conditions de sécurité ne sont pas réunies.

Concernant les réservations de places assises, les CFF se montrent clairs. «Une personne avec une réservation a droit à une place assise.» Si la place est occupée par quelqu’un sans réservation, cette personne doit céder son siège.

* Nom d'emprunt

Articles les plus lus