«Compétences insuffisantes»
Un audit démonte le département d’Albert Rösti et embarrasse Berne

La Confédération emploie des dizaines de communicants en trop, selon une expertise externe consultée par Blick. Le rapport critique aussi les prestations de certains collaborateurs du département d’Albert Rösti.
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Une expertise externe accable certains collaborateurs du chef du DETEC Albert Rösti.
Photo: keystone-sda.ch
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Raphael Rauch

La Confédération peut-elle vraiment réduire ses dépenses? Mercredi 27 mai, le Conseil fédéral devra montrer qu’il entend tenir ses promesses. Selon les informations de Blick, un dossier sensible figure à l’ordre du jour: la vaste machine de communication de l’administration fédérale.

Le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) est particulièrement visé. Même si les dossiers sensibles finissent tous sur le bureau du chef de la communication Renato Kalbermatten, le conseiller fédéral Martin Pfister emploie plus de 100 personnes dans les relations publiques. Difficile, dans ces conditions, de parler d’économies.

Les recherches de Blick montrent aussi que le conseiller fédéral Albert Rösti avait déjà fait analyser son appareil de communication par un expert externe avant même que le Parlement ne lui demande d’économiser 6,25 millions de francs par an.

«Compétences et motivation insuffisantes»

Le constat est sévère. «Il y a une multitude de sites web, une multitude de produits et une multitude de canaux», critique une expertise externe obtenue par Blick grâce à la loi sur la transparence. Selon ce rapport, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) dispose de «nombreux services de communication et de ressources abondantes».

L’audit va encore plus loin. Certains collaborateurs sont directement pointés du doigt. «Les compétences et la motivation des collaborateurs sont hétérogènes, parfois insuffisantes, y compris au sein du secrétariat général», indique le document.

Cette expertise réalisée par la société de conseil Res Publica, pour un montant de près de 63'000 francs, estime qu’Albert Rösti pourrait sans difficulté participer à l’effort d’économies. Plus de 60 personnes occupent actuellement des fonctions liées à la communication au DETEC.

Une organisation inefficace

La comparaison avec d’autres entités est frappante. Le ratio de collaborateurs en communication au DETEC varie entre 1,3 et 3,33 employés pour 100 collaborateurs. Aux Chemins de fer fédéraux suisses Infrastructure, ce chiffre n’est que de 0,14, soit jusqu’à 23 fois moins.

L’organisation très décentralisée du département est aussi critiquée. Doublons, manque de coordination stratégique et de clarté dans les responsabilités compliqueraient le fonctionnement quotidien. Chacun des sept offices fédéraux gère son propre service de communication avec ses propres processus, ses canaux et ses sites internet. Résultat, aucune stratégie commune claire ne semble exister.

L’utilité de certains projets est également remise en question. Comme Blick l’avait révélé, l’Office fédéral de l'environnement encadre par exemple le magazine en ligne «L’environnement». Sa seule présentation web a coûté 340'000 francs en 2025, malgré une audience jugée modeste.

Albert Rösti sous pression

Ces conclusions mettent désormais Albert Rösti sous pression. Les employés jugés «insuffisants» risquent-ils leur poste? La question reste ouverte.

Interrogée par Blick, la Chancellerie fédérale indique que «le Conseil fédéral a chargé la Chancellerie fédérale d’élaborer un concept de mise en œuvre d’ici à fin mai 2026». De nouvelles annonces devraient suivre mercredi.

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