En bref
- La directrice générale de la SSR, Susanne Wille, a convié l'ensemble du personnel le 17 juin pour lui présenter l'avancée de la restructuration majeure du groupe
- La direction de la SRF sera touchée par ce changement, avec une fusion des secteurs radio et télévision sous la codirection de Beat Soltermann et Ursula Gabathuler, tandis que Tristan Brenn est évincé
- La restructuration centralise davantage le pouvoir au sommet de la SSR, limitant l'autonomie des journalistes
A l'origine, la directrice générale de la SSR, Susanne Wille, avait convoqué l'ensemble du personnel pour une présentation en ligne de deux heures le 17 juin. Selon l'invitation, elle devait traiter de «l'état actuel du processus de transformation». Mais la sobriété de cette formulation cache un potentiel explosif.
D'après les informations de Blick, la quasi-totalité des cadres de la SRF – du rédacteur en chef aux chefs d'équipe – devront postuler à nouveau pour leur poste. En bref, la restructuration touche l'ensemble de la structure de direction. La SRF fait partie de la SSR et est responsable des programmes TV, radio et en ligne, qui sont diffusés en allemand.
Rédacteur en chef évincé
L'équipe de direction de la SRF sera réduite de plus de moitié. Un changement est particulièrement surprenant: le nombre de postes de rédacteur en chef diminuera dans la nouvelle organisation. Jusqu'à présent, Beat Soltermann et Ursula Gabathuler dirigeaient le secteur radio/numérique, tandis que Tristan Brenn était à la tête de la télévision. À l'avenir, les différents secteurs seront réunis dans une rédaction en chef commune.
La codirection sera désormais assurée par Beat Soltermann et Ursula Gabathuler. En d'autres termes, la direction de la radio se charge à présent aussi de la télévision.
Il semble donc que Tristan Brenn n'ait plus sa place dans cette nouvelle structure. L'homme de 61 ans aurait refusé de postuler. Rédacteur en chef de la télévision depuis douze ans, il aurait dû se soumettre à une évaluation comme la plupart des autres cadres.
Autres décisions surprenantes
En interne, Tristan Brenn est considéré comme un chef apprécié, qui ne laisse pas tomber ses collaborateurs dans les situations difficiles. La récente affaire de Patrick Fischer a récemment terni son image. Alors que le journaliste de la SRF Pascal Schmitz a été mis sous pression après son enquête sur le faut certificat Covid de l'ex-entraîneur de l'équipe nationale de hockey sur glace, Tristan Brenn est resté longtemps silencieux. Il l'a expliqué plus tard par un congé sabbatique prévu de longue date.
Moins d'une heure après la publication de cet article, la SSR a confirmé les informations de Blick dans un communiqué de presse. Au même niveau hiérarchique de Tristan Brenn, Stefano Semeria quitte également l'entreprise. Il quitte la SRF après seize années, passées à diriger le département du divertissement, puis de la distribution.
Un autre changement important est à noter: Antonia Seifert prendra la tête de la culture. Anita Richner, qui était également en discussion, repart bredouille. Manuela Diethelm reprend le département divertissement, tandis que Laura Köppen est responsable de la distribution à la SRF. La Grisonne Simona Caminada devient la nouvelle directrice de RTR et sera ainsi responsable de l'espace linguistique romanche.
Le niveau hiérarchique inférieur sera également secoué. Les postes de responsables d'émissions prestigieuses comme «Rundschau» ou «Kassensturz» semblent menacés. En raison de la nouvelle structure de direction, certains directeurs et directrices de rédaction devront éventuellement postuler à nouveau, car leur fonction n'existera peut-être plus sous sa forme actuelle. On ne sait toutefois pas encore si et comment cela sera mis en œuvre.
Plus de pouvoir pour la volonté
La SSR vend de prime abord la nouvelle organisation comme une modernisation motivée par des impératifs de réduction des coûts. Pourtant, au sein même de la SRF, nombreux sont ceux qui perçoivent cette nouvelle structure non pas comme plus simple, mais comme plus centralisée – avec de nouveaux postes et de nouveaux titres. On reproche surtout une concentration du pouvoir au sommet de la SSR, laissant moins de marge de manœuvre pour les journalistes.
Il faut noter que même Roger Elsener, le nouveau directeur de la SRF nommé par Suzanne Wille, a, sur le papier, moins de pouvoir que sa prédécesseure Nathalie Wappler. Des domaines comme le sport, les finances et les ressources humaines ne lui sont plus subordonnés, mais sont directement rattachés à Suzanne Wille.