Le Parlement doit avancer sur les conditions de travail du personnel infirmier. Le National est entré en matière mardi sur la réforme des soins infirmiers. La droite voulait renvoyer le projet au gouvernement. Elle craint des coûts trop élevés.
Les députés se prononcent ici sur le deuxième volet de l'initiative sur les soins infirmiers, acceptée en votation populaire en 2021. L'objectif du texte est d'améliorer les conditions de travail du personnel infirmier pour éviter les départs précipités et ainsi limiter la pénurie actuelle.
Le National a refusé de faire passer la durée maximale de leur semaine de travail de 50 à 45 heures. Les débats se poursuivent.
Engager du personnel
Les coûts supplémentaires engendrés se comptent en milliards de francs, a indiqué Diana Gutjahr (UDC/TG). A la fin, ce sera la population qui en paiera le prix alors que les primes sont déjà en constante hausse.
L'amélioration des conditions de travail nécessitera d'engager plus de personnel, ce qui paradoxalement aggravera encore davantage la pénurie actuelle, a appuyé Cyril Aellen (PLR/GE). Les deux députés voulaient renvoyer le projet au Conseil fédéral pour qu'il revoie le financement de sa réforme.
«L'inaction coûte plus cher»
Leurs propositions ont été rejetées, respectivement par 105 voix contre 87 et par 106 voix contre 87. «Nous devons trouver de manière raisonnable le meilleur chemin pour respecter la volonté de l'initiative sur les soins infirmiers, rien de plus, rien de moins», a déclaré Benjamin Roduit (Centre/VS) pour la commission.
La gauche et le PVL ont insisté sur l'urgence d'agir. Aujourd'hui, 14'000 postes sont vacants, contre un peu plus de 8000 avant la pandémie, a également rappelé la ministre de la santé Elisabeth Baume-Schneider. La réforme entrainera des coûts, certes, mais l'inaction, elle, coûtera encore plus cher, a-t-elle ajouté.
Les débats se poursuivent. Le National risque de revoir à la baisse les mesures du Conseil fédéral, parmi lesquelles l'abaissement des heures de travail des infirmiers.