Les résultats s’annoncent serrés pour l’initiative visant à réduire le financement de la SSR. Une légère avance se dessine toutefois pour le camp des opposants. Le premier sondage sur les résultats du référendum, publié vendredi par l’institut de recherche gfs.bern, révèle que 52% des personnes interrogées rejettent l’initiative populaire, 46% l’approuvent et 2% sont encore indécises.
Le délai de 45 jours précédant le scrutin, durant lequel les acteurs politiques devaient déclarer au Contrôle fédéral des finances leur budget de campagne ainsi que l’origine de tous les dons supérieurs à 15’000 francs, a expiré la semaine dernière. Entre-temps, le Contrôle fédéral des finances a publié les premières données.
Parmi elles, le budget de l’initiative populaire «200 francs, ça suffit! » sur la redevance SSR, qui s’élève à 1’367’530 francs. La plus importante contribution provient de l’Union suisse des arts et métiers. Selon les données publiées par le Contrôle fédéral des finances, l’association dépense 980’000 francs pour sa propre campagne et soutient l’initiative à hauteur de 680’000 francs.
Beaucoup d’argent en provenance du Tessin
Le deuxième don le plus important en faveur de l’initiative provient du Tessin: la société Meutel 2000 SA a versé 150’000 francs. L’entreprise, dont le siège est à Lugano, publie le journal «Il Mattino della Domenica». La société est dirigée par Antonella Bignasca Danzi, nièce de l’entrepreneur en bâtiment et fondateur de la Lega, Giuliano Bignasca. Elle est aujourd’hui considérée comme l’éminence grise du parti protestataire tessinois, qui entretient des relations étroites avec l’UDC. Meutel 2000 a également contribué à hauteur de 150’000 francs à la campagne de l’Union suisse des arts et métiers.
Parmi les autres grands donateurs en faveur de l’initiative, on retrouve la Fondation pour une politique bourgeoise, proche de l’UDC. Elle est présidée par Rolf Dörig, président du groupe d’assurance Swiss Life, et compte parmi les membres de son conseil de fondation l’ancien conseiller fédéral Ueli Maurer. La fondation a versé 100’000 francs à l’initiative.
Le lobby du pétrole soutient la campagne du oui
Le camp du oui a également reçu 75’000 francs d’Avenergy Suisse (autrefois connue sous le nom d’Union pétrolière). Ueli Bamert, responsable politique chez Avenergy et candidat UDC à la présidence de la ville de Zurich, explique que cet engagement financier se justifie par le fait que l’initiative prévoit d’exempter les entreprises des redevances radio et télévision: «Une caractéristique typique du secteur pétrolier est que les acteurs du marché réalisent des chiffres d’affaires très élevés avec des marges relativement faibles et se retrouvent donc dans une tranche de redevance RTV supérieure à la moyenne.»
Dans les cas extrêmes, une PME de quelques dizaines de collaborateurs qui commercialise du mazout ou de l’essence devrait s’acquitter d’une redevance annuelle sur les médias de plus de 13’000 francs.
L’initiative a également pu profiter de la généreuse contribution d’un particulier: l’ancien conseiller national PLR thurgovien Hermann Hess, descendant d’une dynastie d’industriels du textile et dont la fortune est estimée entre 250 et 300 millions de francs selon le dernier classement du magazine «Bilanz», a fait un don de 20’000 francs.
Plusieurs riches héritiers dans le camp du non
Le camp du «non» a reçu plusieurs dons importants de la part de particuliers, qu’il a déjà rendus publics la semaine dernière. Le cinéaste zurichois Ruedi Gerber, fils du président de Roche Fritz Gerber (1929-2020), soutient la campagne à hauteur de 100’000 francs, tandis que les frères Daniel et Martin Meili, fils du fondateur du fabricant de détecteurs d’incendie Cerberus, y contribuent à hauteur de 50’000 francs.
Oliver et Tobias Rihs, fils du fondateur de Phonak et mécène du club de football suisse Young Boys (YB), Andy Rihs, ont versé 150’000 francs supplémentaires. Le fondateur du groupe d’investissement Partners Group et milliardaire Fredy Gantner a quant à lui contribué à hauteur de 20’000 francs.
Par ailleurs, ce sont principalement les coopératives régionales de la SSR, les organismes de financement et les associations du secteur culturel, cinématographique et médiatique qui contribuent au budget de 1’312’853 francs déclaré par la campagne principale des opposants. La coopérative de radio et télévision Zurich-Schaffhouse, par exemple, y contribue à hauteur de 180’000 francs.
Qui a le plus d’argent?
Les partisans du oui comme ceux du non affirment que le camp adverse dispose de moyens financiers plus importants. La vérité sera révélée à la fin de la semaine prochaine, lorsque le Contrôle fédéral des finances aura publié l’intégralité des données.